La campagne de propagande prend fin demain à 7 heures du matin pour tous les candidats à la présidentielle comme aux législatives. Ils ont le droit de se reposer avant le verdict des urnes après le marathon qu’ils ont effectué pour convaincre les électeurs de leur crédibilité. Le Dr Jean Louis Robinson et Hery Rajaonarimampianina, pour le second tour des présidentielles, s’affronteront encore aujourd’hui sur le thème de la politique. Le débat qui les mettra face-à-face clôturera la série que la radio-télévision nationale a organisée pendant la campagne. Le premier, consacré à l’économie et au social a laissé les téléspectateurs sur leur faim. Bien des dossiers économiques brûlants n’ont pas été évoqués alors qu’ils font partie des sujets qui alimentent les conversations du public. Le débat suivant sur la démocratie a permis aux deux candidats de discuter plus d’économie et de commerce international que des questions géopolitiques régionales et mondiales auxquelles la Grande Ile ne peut se dérober.
Débat politique
Le troisième débat consacré à la politique qui aura lieu ce jour est certainement le plus important. Non seulement c’est le domaine où les deux camps ne se rejoignent pas et sont complètement dos-à-dos depuis 2009 mais c’est aussi le point qui intéresse les électeurs pour trier les bons grains et de l’ivraie dans cette élection présidentielle jumelée avec les législatives. Le chapitre politique sera par conséquent plus suivi que les deux premiers débats même si son impact pourrait ne plus changer grand-chose sur les votes envisagés. Une chose est sûre, à deux jours du scrutin, la majorité des électeurs a déjà fait son choix. Ceux qui voteront Jean Louis Robinson à la présidentielle se rabattront sur les candidats de la mouvance Ravalomanana, les « Zanak’i Dada » ou les indépendants qui leur sont proches aux législatives. Ceux qui ont choisi de voter Hery Rajaonarimampianina miseront en revanche sur les députés du Mapar ou les indépendants perçus comme alliés. Il ne serait pas du tout logique qu’un électeur, ayant voté pour l’un des candidats à la présidentielle, vote à la députation pour un candidat du camp adverse. Aussi les résultats des législatives dépendront-ils du premier choix de l’électeur. Le gagnant de la présidentielle pourrait aussi avoir sans coup férir sa majorité à l’Assemblée nationale. La campagne de propagande tire à sa fin sans graves incidents à déplorer. Les abus de pouvoir pendant la campagne et l’absence de réaction des institutions de la Transition choquent les électeurs. Il n’empêche, Madagascar s’achemine doucement mais sûrement vers le retour à l’ordre constitutionnel. Aux urnes citoyens, pour mettre fin à l’aventure qui a trop longtemps perduré.
Zo Rakotoseheno