
L’exposition « Dendrophile » tisse un dialogue inédit entre art, nature et sacré. Du 16 janvier au 6 février, plasticiens, designers, artisans réinventent l’arbre comme symbole universel.
Les lexicologies du vivant peuvent, de manière étonnante, être appelées à s’imbriquer, à se tresser, à interagir… L’exposition « Dendrophile – Mpankafy hazo », dans le cadre d’« Antson’ny tontolo radu », du 16 janvier (vernissage) au 6 février, se tiendra dans un hangar de la zone Zital Ankorondrano. Plusieurs artistes, designers, artisans montreront leurs œuvres autour du thème : l’arbre. À entendre l’explication de la curatrice Ihoby Rabarijohn, celui-ci englobe « l’ancrage, l’enracinement, la symbiose, le monde vertical, l’énergie… ». À travers métaphores et symboles, les Johary Ravaloson, « il va écrire, et c’est une première, en malgache », ajoute-t-elle, les Miangaly Elya, Faka Rugs et d’autres, proposeront au regard, à la sensibilité et au jugement des visiteurs et visiteuses leurs œuvres. Par exemple, FanjaR s’en remettra à l’« amontana », ou ficus baroni, cet arbre symbole de la résilience et de la résistance naturelle. Elle y voue des termes plus écologiques : « les gardiens de nos sols ». Dans l’histoire de l’Imerina historique, cette espèce d’arbre est reliée à la royauté et au règne. Depuis la nuit des temps, voire l’avant-veille de cette nuit, les Malgaches ont toujours eu une relation vitale avec l’arbre. L’identification/repérage des sources, propres et potables, se faisait grâce à la disposition des arbres dans la forêt. Source de vie, à partir de ce moment, l’arbre a revêtu une sacralité. D’où une certaine universalité de ces connaissances. Puisque, dans les autres cultures, ancestrales et modernes, l’arbre rappelle toujours cette verticalité spirituelle, ce lien entre l’invisible et le palpable. Les cieux et la terre. Tout cela, « Dendrophile – Mpankafy hazo » en parlera, le revisitera, se le réappropriera, l’assimilera, etc. Tout cela.
Maminirina Rado


