Réponse du berger à la bergère, le Royaume d’Eswatini a répondu aux autorités de la Refondation que l’accueil de l’ancien président Andry Rajoelina ne va en aucun cas dans le sens d’une violation de la souveraineté nationale de Madagascar.
Éclaireurs diplomatiques
Cette royauté que la partie malgache semble sous-estimer soutient que l’accueil est destiné avant tout à faciliter le dialogue entre les parties prenantes de la crise malgache. Une mission qui revient de droit à ce petit pays qui, malgré son statut de seule monarchie absolue restante en Afrique, reste une partie prenante à part entière au sein de la SADC, dont elle est parmi les membres créateurs depuis sa création en 1980. Un statut qui lui donne le droit de participer régulièrement aux grandes instances régionales. En témoigne la participation de son roi Mswati III aux derniers sommets de la SADC à Madagascar, quelques semaines avant les événements qui ont conduit à la chute d’Andry Rajoelina, qui était alors le président en exercice de la communauté. Quand bien même l’Eswatini, qui dispose d’une voix au sein de la SADC, n’est pas considéré comme un leader de poids décisif comparé à d’autres pays influents comme l’Afrique du Sud ou le Mozambique, sa mission de recevoir Andry Rajoelina, qui a d’ailleurs été discutée au préalable avec les autres membres influents, peut être considérée comme une sorte d’éclaireur diplomatique pour la suite à donner à la manière avec laquelle la communauté régionale entend régler la crise malgache. Cet accueil, qui n’est pas synonyme de reconnaissance implicite d’un président déchu, est également significatif du fait que, pour la SADC, la crise à Madagascar n’est pas encore résolue, même si la partie malgache semble affirmer le contraire. Une crise non résolue dans laquelle la SADC, via son roi Mswati, qui sera le prochain président de la Troïka, entend se mettre au-dessus du conflit dans une posture de « tiers acceptable » et non pas faire preuve d’esprit partisan en faveur d’Andry Rajoelina, un président déchu qui a aussi droit à la parole dans la résolution de la crise.
R.Edmond.




