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vendredi, janvier 23, 2026
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États-Unis : Madagascar n’est pas frappée par les restrictions de visas

Le service consulaire de l’ambassade américaine à Ambohibao ne chômera pas.

Dans un monde où les portes se ferment, Madagascar reste, pour Washington, un pays encore ouvert.

Depuis le mercredi 21 janvier 2026, une partie des nouvelles restrictions décidées par l’administration de Donald Trump est officiellement entrée en vigueur, avec la suspension de la délivrance des visas d’immigration pour 75 pays. Une décision globale, massive, structurante, qui redéfinit l’accès aux États-Unis pour des millions de candidats à l’immigration. Mais dans ce durcissement planétaire, Madagascar fait figure d’exception. L’île n’est pas concernée par cette mesure restrictive. Les ressortissants malgaches continuent d’avoir accès aux visas d’immigrants, alors que 27 pays africains, 22 pays asiatiques, 8 pays européens, 16 pays d’Amérique et des Caraïbes et un pays d’Océanie sont désormais frappés par une suspension officielle.

Une exemption qui ne relève pas du hasard, mais d’un choix politique et stratégique. Washington justifie cette décision par des « préoccupations liées à la sécurité nationale », la prévention de la fraude, et la volonté de réduire « la dépendance des immigrés à l’aide sociale américaine ». À compter du 21 janvier 2026, la délivrance des visas d’immigrants est donc suspendue pour les pays visés. La doctrine est claire. Filtrage renforcé. L’immigration vers les USA demeure sous contrôle politique strict. Dans ce paysage verrouillé, Madagascar se retrouve dans un cercle restreint de pays africains non concernés, aux côtés notamment de l’Afrique du Sud, du Botswana et de la Namibie en Afrique australe, mais aussi du Niger, du Tchad, du Burkina Faso et du Mali, des pays du Sahel.

À haut risque. Un positionnement qui interroge autant qu’il interpelle. Washington avance des justifications précises, pays par pays. Risques liés à la dépendance aux aides sociales, dépassements de séjour appelés « overstay », instabilité politique interne et présence de groupes terroristes. Des critères sécuritaires et socioéconomiques qui structurent désormais la politique migratoire américaine. Dans ce cadre, l’exclusion de Madagascar de la liste des pays sanctionnés devient un signal diplomatique. Peut-on alors jubiler de cette mesure de la part d’un président américain reconnu comme imprévisible ? En tout cas, pour le moment, la Grande Île ne figure pas parmi les États considérés comme à haut risque migratoire, sécuritaire ou social par l’administration américaine. Un classement silencieux, mais lourd de sens.

Sur le plan stratégique, cette décision peut renforcer la position de Madagascar dans ses relations avec les États-Unis. Elle place l’île dans une catégorie diplomatique distincte, à l’heure où Washington resserre l’accès à son territoire pour une large partie du monde. C’est un avantage symbolique, mais aussi pratique, pour les étudiants, les travailleurs qualifiés, les regroupements familiaux et les projets de mobilité internationale. Mais cette exemption ne doit pas être lue uniquement comme une faveur. Elle traduit aussi une reconfiguration des priorités américaines. La politique migratoire devient un outil géopolitique. Un instrument de pression. Les visas ne sont plus seulement des documents administratifs. Ils deviennent des outils de politique étrangère.

Rija R.

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