
La guerre entre producteurs et artistes ne date pas d’hier. La plupart du temps, elle se déclare en coulisses. Sur scène, comme si de rien n’était, ils se serrent la main, s’échangent des accolades en grinçant des dents, sous l’applaudissement innocent du public qui les voit sourire, alors qu’ils sont en train de souffrir.
Tout a évolué depuis l’avènement des réseaux sociaux. Non seulement on se clashe, mais en plus, on s’y crashe. D’où le label crashe ! L’artiste a oublié que son boss avait tout fait pour le hisser au sommet. Ce dernier a également la mémoire courte car, sans le premier, il n’aurait pas pu amasser tant de paquets de thune. Le chanteur, très irrité, la gorge nouée, émet une voix qui semble traitée par l’autotune. Pendant ce temps, le maître de studio, inquiet de sa situation, est froissé jusqu’au tee-shirt. Chacun, dans son camp, tente de s’expliquer le pourquoi du comment. L’industrie musicale, si gigantesque, se prête à des histoires qui tournent au burlesque. Les linges sales ne se lavent-ils pas en famille ? Mais tout bascule si les membres du label crient famine. La galette devient maigre lorsqu’elle manque de farine. L’absence d’air provoque la dilatation des narines.
Ces six derniers jours, les internautes assistent à une bataille qui n’aurait jamais dû avoir lieu, se demandant qui est vrai, qui est traître. Sur quel échiquier doit-on les mettre ? Une opportunité pour les opérateurs téléphoniques, qui jouent aux pasteurs, et leurs abonnés deviennent des moutons à paître. Le comble, c’est de voir des amis d’autrefois s’entre-déchirer, réduire en cendres ce qu’ils avaient érigé.
Sous un autre angle, l’altercation illustre la réalité de certains chanteurs de Madagascar. L’estime des inconditionnels paraît effondrée, ce qui corrompt l’art qu’ils avaient fondé.
Iss Heridiny


