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jeudi, janvier 15, 2026
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Expression : La lutte pour les sièges est ouverte

Actuellement, toute la faune politique, des plumes qui parlent fort aux poids lourds qui bougent peu, s’échauffe sur la ligne de départ, chronomètre imaginaire en main et ego bien affûté. Les fauves aiguisent leurs crocs, tandis que les guêpes s’entraînent à voler à l’attitude d’un aigle. Des alliances contre nature se forment également : les hyènes s’associent aux chacals, qui ont traversé le désert ces 10 dernières années.

La refondation se révèle plus facile à dire qu’à faire. La faim fait sortir les fosa de leur forêt ; ils veulent squatter un lieu où la viande fraîche est facile à saisir. Entre vengeance et ambition dévorante, les politicards ont retaillé leur costume réversible. Par ailleurs, la Gen-Z, ayant tué le crocodile, ne peut guère se parer de gloire. Au contraire, elle est devenue une proie.

#Quelle surprise ! L’état des choses apparaît de manière plus manifeste dans les régions, en particulier dans la partie septentrionale du pays. La lutte pour les sièges est ouverte, les postes de chefs de région et de directeurs régionaux en sont les principaux objectifs. « C’est le quota », prétendent-ils, un langage politiquement correct pour désigner leur part du gâteau : un gâteau émietté sur une assiette envahie de bactéries et de mouches du vinaigre. À Antsiranana, la campagne est lancée. Une guerre de communication s’installe. La manifestation, censée incarner les aspirations du peuple, est désormais tenue en main par les mêmes hommes forts dont on attendait monts et merveilles…

#Quelle audace ! Dans ce contexte, Radovola Rakotobe, le premier à avoir contesté les manœuvres opaques menées par l’ancienne administration lors des élections municipales, est sorti de son silence le week-end dernier. Cet enseignant diplômé de Russie a crevé l’abcès dans une vidéo publiée sur son compte Facebook : « J’ai commencé cette lutte dès le 11 février 2025. On me considérait comme un aliéné. Maintenant, ils ont sombré dans la folie. Les jeunes sont mis à l’écart. Ce sont les anciens qui s’en occupent », a-t-il dénoncé. Effectivement, au cours de la visite du président de la Refondation de la République de Madagascar dans la ville du Pain de sucre, les acteurs de la contestation du 26 septembre au 8 octobre 2025 n’ont pas été sollicités. Il n’y avait que des Gen-Z de pacotille et des groupes de loups en fureur. « Une véritable refondation ! Les anciens membres du parti orange ont lavé leur tee-shirt jusqu’à ce que sa teinte change », ironise le juriste Ralay en voyant les voitures des ex-MAPAR ou IRMAR suivre le cortège présidentiel. De leur côté, la foule reste stupéfaite de retrouver certaines figures sur la tribune. « Encore celui-là ! », s’étonne une femme, comme si la personne en question n’était pas de mèche avec l´équipe de Rajoelina. Les érudits, notamment les historiens, ne sont nullement étonnés par l’attitude des « politiciens professionnels de Diego ». « Des partisans farouches du PSD de Tsiranana se sont aisément intégrés dans le gouvernement de la Deuxième République de Ratsiraka. Par la suite, ils ont prêté allégeance à Albert Zafy, avant de se ranger sous la bannière de Marc Ravalomanana », raconte Soanimeva Tsaratarimy. Telle est la culture politique dans ce pays.

Iss Heridiny

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