Les réseaux d’escroquerie liés aux offres d’emploi et à la délivrance de documents de voyage à l’étranger continuent de faire des victimes. Profitant du chômage persistant dans le pays, plusieurs individus n’hésitent pas à promettre monts et merveilles à des candidats à l’émigration, moyennant d’importantes sommes d’argent. C’est dans ce contexte que quatre personnes ont récemment été interpellées par la Direction du contrôle des migrations de la Police nationale, avant d’être présentées hier devant la justice. Trois affaires distinctes ont permis de mettre au jour ces pratiques frauduleuses.
La première concerne une femme malgache qui prétendait pouvoir envoyer des travailleurs à l’étranger, notamment au Canada et en Suisse. Elle exigeait de ses victimes des montants compris entre 3 000 000 et 5 000 000 ariary, censés couvrir les frais de constitution des dossiers, y compris les passeports. Après paiement, aucune procédure concrète n’aboutissait, les candidats étant maintenus dans l’attente sous prétexte d’un accord encore en cours avec de supposés employeurs. Neuf personnes se sont finalement constituées parties civiles. Les offres étaient principalement diffusées sur le réseau social Facebook.
La deuxième affaire implique un couple, composé d’une femme et d’un homme malgaches, accusés d’avoir fait miroiter sur Facebook des emplois à bord d’un bateau de croisière à destination des Maldives. Séduits par la promesse de salaires attractifs, de nombreux jeunes se sont laissés convaincre. Au total, 17 personnes auraient été victimes de cette escroquerie. Les sommes réclamées variaient entre 500 000 et 2 000 000 ariary par personne, présentées comme des frais de préparation et de voyage. Il était également exigé des candidats qu’ils suivent une formation dans un grand hôtel à Toamasina. Là encore, ni emploi ni départ à l’étranger n’ont vu le jour, poussant les victimes à déposer plainte.
La troisième affaire concerne un ressortissant pakistanais en situation irrégulière sur le territoire national. Titulaire d’un visa de court séjour de 19 jours arrivé à expiration, il résidait à Madagascar depuis septembre 2025. Il est soupçonné de proposer la fabrication de passeports géorgiens, indonésiens et malgaches, contre des sommes comprises entre 6 000 et 8 000 dollars américains. Une perquisition menée à son domicile a permis la découverte de plusieurs copies d’actes de naissance ainsi que de cartes nationales d’identité présumées falsifiées.
Face à ces faits, le commissaire divisionnaire de police Samy Harison Olivier, directeur du contrôle des migrations à Anosy, a tenu à rassurer l’opinion publique. Il a annoncé un renforcement strict des contrôles des flux migratoires entrants et sortants du pays. Des opérations ciblées continueront d’être menées afin d’assainir le secteur, avec pour objectif non seulement la modernisation des moyens utilisés, mais également un changement de mentalité. Les autorités appellent ainsi à la collaboration de tous pour lutter efficacement contre ces pratiques frauduleuses.
T.M


