Le régime du colonel Michaël Randrianirina avait déjà exprimé sa volonté de tout mettre en œuvre pour se conformer aux recommandations de la SADC.
Dans un mois, jour pour jour, le régime de refondation devrait présenter un projet de Feuille de route de sortie de crise auprès de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). En effet, dans son communiqué relatif à la réunion extraordinaire des chefs d’État et de gouvernement, organisée par visioconférence le 17 décembre 2025, la SADC avait fixé un délai jusqu’au 28 février 2026 aux autorités de transition à Madagascar pour présenter « un rapport sur l’état de préparation au dialogue ainsi qu’un projet de Feuille de route nationale, suivis de mises à jour périodiques en mai, août et novembre 2026 au Président de l’Organe de la SADC ». Le compte à rebours est donc lancé. À J-30 de la fin de ce délai, les tenants du pouvoir préfèrent jouer la carte de la non-transparence sur ce sujet. Aucune information officielle n’est divulguée, ne serait-ce que sur le chronogramme. Nul n’ignore pourtant que ce document est primordial pour assurer le retour à l’ordre constitutionnel et établir un climat de confiance ainsi qu’un apaisement politique en vue de la tenue d’élections libres, crédibles et acceptées par tous. La présence dans nos murs d’une forte délégation de la SADC, dirigée par Joyce Banda, ancienne présidente du Malawi, s’inscrit certainement dans le cadre de ces résolutions. Cette équipe de sages mène, depuis le début de la semaine, une campagne de consultation auprès de tous les acteurs malagasy. Elle est venue dans la Grande Île notamment pour rappeler aux autorités de refondation l’importance de cette Feuille de route et exiger un calendrier précis des étapes à suivre.
Dialogue inclusif. En coulisses, on affirme que le gouvernement est en train de travailler dessus et qu’un « draft » devrait être présenté sous peu. Il convient de rappeler que, dans l’article 6 de sa résolution du 17 décembre, la SADC exhorte le gouvernement de transition à Madagascar à « engager un dialogue national inclusif, dirigé et porté par des Malgaches, durant la période de Transition, afin de créer les conditions propices à la tenue de nouvelles élections et d’appuyer de manière pacifique le retour des exilés politiques ». L’organisation régionale appelle aussi les tenants du pouvoir actuel à « veiller à ce que les processus de réformes soient inclusifs, menés dans les délais requis, et qu’ils établissent un cadre favorable à la participation constructive des exilés politiques au dialogue ». En quelque sorte, la SADC exige l’implication des tenants de l’ancien régime d’Andry Rajoelina dans le processus. Pourtant, ce schéma est rejeté catégoriquement par certains partisans de la refondation, dont le parti HVM de Rivo Rakotovao, qui exige justice avant réconciliation. Pour le moment, la mise en œuvre effective de ces recommandations présentées le 17 décembre par la SADC reste en stand-by. Depuis le 9 décembre, date du lancement officiel de la concertation nationale dirigée par le FFKM au CCI Ivato, aucune rencontre véritablement inclusive, bénéficiant de la libre participation des figures de l’ancien régime, n’a été organisée. On remarque, au contraire, que les poursuites et les incarcérations de ces derniers se poursuivent. Pour ne citer que le cas de l’ancienne ministre de l’Éducation nationale, Sahondrarimalala Marie Michelle, et de l’ex-président du Sénat, le Gal Richard Ravalomanana, qui viennent d’être incarcérés, respectivement, à Avaradrano et à Imerintsiatosika. Lors de son entrevue avec le secrétaire exécutif de la SADC, Elias Magosi, le président de la refondation de la République de Madagascar, le colonel Michaël Randrianirina, avait rassuré la communauté internationale en exprimant la volonté de son régime de suivre à la lettre ces propositions, tout en évoquant son attachement à la paix et à la sécurité régionale.
Davis R


