
Le ministère de la Pêche et de l’Économie bleue remet de l’ordre dans la filière concombre de mer. Après deux années de suspension, l’octroi des agréments devrait reprendre bientôt, probablement dès le courant de ce mois de février.
Une bonne nouvelle qui donne, en tout cas, de l’espoir quant à l’avenir de cette filière qui joue un rôle socioéconomique important.
Surexploitation
On rappelle que cette suspension des agréments concerne la partie Nord-Ouest de l’île, plus particulièrement dans les régions SAVA, Diana, Sofia et Boeny. Elle a été décidée en raison, notamment, d’un risque de surexploitation et d’épuisement des stocks dans cette partie nord du pays, où les populations de concombres de mer ont fortement diminué. La suspension était également motivée par le souci des autorités de lutter contre la pêche illégale, non déclarée et non réglementée, qui représente des millions de dollars de pertes tous les ans. Pire, la pêche illégale a même eu des incidences au niveau régional, puisque des pêcheurs malgaches ont été arrêtés dans les eaux territoriales seychelloises, en flagrant délit de pêche illicite de concombres de mer. En somme, les autorités ont eu autant de raisons de décider cette suspension.
Conséquences dommageables
Une suspension qui n’était évidemment pas sans conséquences socioéconomiques dommageables. Notamment pour les acteurs locaux, comme les pêcheurs, les collecteurs et les exportateurs, qui ont perdu leurs sources de revenus. Randrianambinina Eric, président d’une coopérative d’exploitants de concombre de mer à Mahajanga, témoigne : « La suspension des activités nous a fait énormément de mal. Pas moins de 2 000 plongeurs opèrent dans cette filière et certains d’entre eux ont été obligés d’arrêter la scolarisation de leurs enfants, faute d’argent, des collecteurs ont été endettés et ont dû vendre leurs matériels pour rembourser les banques, des exportateurs ont licencié une partie de leur personnel », R. Sophie, responsable d’une société de collecte, regrette pour sa part le départ forcé d’une partie de ses collaborateurs, pour cause d’inactivité de son entreprise. Pour les exportateurs, d’énormes pertes ont été enregistrées, à cause de l’impossibilité d’exporter des stocks déjà achetés. Une équipe du MPEB est récemment descendue sur place pour rencontrer des opérateurs de la filière.
Bonne gouvernance
Une visite qui a redonné de l’espoir aux acteurs de la filière, qui se sont réjouis de la détermination de la nouvelle équipe du ministère à faire preuve de bonne gouvernance pour redresser la situation. Sur ce point, d’ailleurs, le ministre de la Pêche et de l’Économie bleue, Chan Kit Waye Jaco, a déclaré que le redressement de la filière concombre de mer figure parmi les priorités de son département. Des actions concrètes ont déjà été entreprises et des rencontres avec les acteurs ont déjà eu lieu. L’objectif du MPEB est ainsi de redresser la filière et de la reprendre sous de nouvelles conditions plus professionnelles, plus efficaces et plus strictes, en termes de respect des réglementations. Sur ce point, d’ailleurs, de nouveaux textes sont en préparation en vue de la reprise de l’octroi d’agréments, prévue incessamment. « Les critères seront renforcés et la surveillance sera accrue », indique-t-on auprès du MPEB. Ce département annonce, par ailleurs, que des actions préalables, comme l’inventaire et le contrôle des stocks, seront entreprises avant la reprise de l’octroi des agréments. Une bonne gouvernance qui fera du bien à la filière concombre de mer.
R.Edmond


