L’opération anti-fraude à l’électricité et à l’eau a démarré en début de semaine, et les premiers résultats sont sans appel. Les fraudeurs sont bel et bien en action. Des compteurs non conformes, un cas avéré de piquage électrique avant compteur, des traces suspectes de manipulation des installations électriques sont autant de faits liés aux fraudes à l’énergie et à l’eau, décelés dès le premier jour de contrôle.
Fraudes à 100 milliards d’ariary
Les préjudices financiers sont énormes : plus de 100 milliards d’ariary par an, selon la Jirama. De quoi s’arracher les cheveux pour le DG par intérim de la société nationale d’électricité et d’eau. Car cette jolie somme qui disparaît dans les enchevêtrements de câbles et de fils électriques clandestins aurait pu servir à tant de choses au sein de la Jirama.
Les fraudeurs, eux, sont de tous les profils et opèrent dans quasiment tous les quartiers. Seulement, dans certaines zones, les fraudes sont plus « massives » qu’ailleurs. Les installations de la Jirama en font les frais. Que dire, en effet, de ces transformateurs électriques en surchauffe, visiblement surchargés car ils alimentent plus de charge que leur capacité nominale, et qui finissent par exploser et prendre feu ? Que dire aussi de ces branchements électriques clandestins partant d’un seul abonné de la Jirama et qui alimentent tout le quartier, moyennant un montant forfaitaire payable chez l’abonné ? Il s’agit de faits existants, et bien souvent de secrets de Polichinelle, mais qui restent tus car ils profitent « à tous ».
Ce sont justement ces faits qui contribuent à l’asphyxie de la société nationale d’électricité et d’eau. Les 100 milliards d’ariary par an qui n’entrent pas dans les caisses en sont témoins. Y a-t-il alors de quoi s’étonner si la tension électrique et la pression de l’eau sont en forte baisse aux heures des pics de consommation ? Espérons que l’opération anti-fraude actuellement en cours cible tous les fraudeurs, y compris les fraudeurs en col blanc…
Hanitra R.


