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jeudi, février 19, 2026
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Haute Cour Constitutionnelle : Hold-up institutionnel

Les trois anciens hauts conseillers se réservent le droit de porter plainte au pénal pour falsification de signature.

Désormais, Tianjanahary Andriamalaza, Rasolonjatovo Norovola Haritiana et Andriamampandry Haingotiana sont membres à part entière de la Haute Cour Constitutionnelle (HCC). Malgré la contestation des trois hauts conseillers qu’ils ont remplacés, leur prestation de serment s’est tenue le mercredi 23 décembre 2025, en début de soirée, au sein de la Présidence de la Refondation de la République de Madagascar, en présence des quatre hauts conseillers et de quelques membres du gouvernement dirigés par Herintsalama Rajaonarivelo. Leur prise de fonction officielle à Ambohidahy marque le début d’une nouvelle ère à la Haute Cour Constitutionnelle. Comme ce fut le cas, il y a trois semaines, à la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) — lorsque Thierry Rakotonarivo, ancien directeur de cabinet de Siteny Randrianasoloniaiko à l’Assemblée nationale, a été propulsé à la tête de l’institution au détriment de Dama Arsène Andrianarisedo, ancien président relégué au second plan — la HCC semble connaître le même sort. Les trois magistrats nommés sur le quota de l’ancien président Andry Rajoelina ont été écartés et démis de leurs fonctions par un décret actant l’acceptation de leur prétendue démission, pris par le PRRM, le colonel Michaël Randrianirina. Une démission qu’ils affirment pourtant ne jamais avoir présentée. C’est pourquoi ces derniers n’entendent pas se laisser faire. « En tant que magistrats, notre conscience nous empêche de nous taire face à une démission que nous n’avons jamais faite », a martelé Razanadrainiarison Rahelimanantsoa Rondro Lucette, précisant par ailleurs que, comme de simples citoyens, ils ont appris leur éviction par le biais des réseaux sociaux. Les trois ex-juges constitutionnels ont ainsi décidé d’agir — ou plutôt de réagir — en saisissant la justice afin de contester la décision relative à leur départ forcé. Ils se réservent également le droit de déposer une plainte au pénal pour falsification de signature, même s’ils estiment que cette procédure a peu de chances d’aboutir, du moins sous l’ère de la République de la Refondation.

Calculs politiques

Avec ce changement au sein de la Haute Cour Constitutionnelle, que de nombreux observateurs qualifient de « hold-up institutionnel », le régime de la Refondation semble bien parti pour réussir ce que certains décrivent comme le coup politique du siècle. Une démarche lourdement entachée de calculs politiques, dont l’objectif serait l’élimination politique de potentiels adversaires, en l’occurrence Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina, deux figures majeures ayant marqué le paysage politique malgache au cours des deux dernières décennies. L’objectif paraît clair : les empêcher de se présenter à la prochaine élection présidentielle afin de permettre à des groupuscules et à des acteurs politiques moins populaires de tenter leur chance pour accéder à la Magistrature suprême. Cette forme de « peur des urnes » peut sembler compréhensible, dans la mesure où, malgré les persécutions et les pressions, force est de reconnaître qu’aucun autre candidat ne semble en mesure de rivaliser, à ce jour, avec Dada Ravalo et Boay Kely en termes de popularité. Même si, pour l’heure, leurs partisans adoptent une posture de discrétion, l’accumulation de ces manœuvres et calculs politiques expose le pays au risque d’une nouvelle crise post-électorale, voire, dans le pire des scénarios, à une guerre civile.

Davis R

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