
Rares sont ceux qui connaissent l’histoire des patriotes, alors qu’ils ont versé leur sueur et leur sang pour que leurs descendants soient libres.
Joseph Jaozandry, né en 1913. Il a contribué à la lutte pour l’émancipation durant la décolonisation. Issu d’une famille modeste, il est le pilier de la lutte anticoloniale dans la partie nord-est de l’île.
Après avoir effectué ses études primaires à Antalaha, Joseph Jaozandry débarque à l’école régionale de Maroantsetra. Il a été ensuite chef de canton entre 1936 et 1942. Ensuite, il devient partisan fervent du parti MDRM.
Puis, il devient le secrétaire général du parti à Antalaha. Selon son biographe Jean Patrick Feno, « Joseph Jaozandry est le principal animateur avec Laikofoka Jean Flaubert. Arrêté avant même que l’insurrection n’éclate, en 1946, il va connaître la prison et l’exil, et c’est là qu’intervient le ‘Fifanampiana Malagasy’ dont les aides aux prisonniers politiques de 1947 sont significatives. L’exil à Ambohitrimanjaka contribue considérablement à des changements dans ses activités politiques, à travers ses rencontres avec les élites tananariviennes. Pour lui, la lutte pour l’émancipation devient alors un objectif national ».
Un adepte de Ralaimongo. Ce personnage a milité pour l’égalité des droits et pour l’accession à la citoyenneté française, lors de son passage dans la partie septentrionale de l’île, dans la deuxième moitié des années 1920. Jean Ralaimongo influence la population locale car les problèmes fonciers qui minent la région à la même époque lui fournissent un contenu social au thème de naturalisation. Alors, les actions de Jean Ralaimongo dans la région participent fortement à l’éveil du nationalisme dans l’esprit des autochtones, y compris les jeunes comme Joseph Jaozandry. Ce dernier prendra le relais dans les années 40.
Combattre sans faillir. Joseph Jaozandry fait partie de ces milliers de nationalistes arrêtés en 1947. En prison, il a passé les pires moments de sa vie. Sans parler des tortures qu’on lui a faites subir derrière les barbelés de la prison, c’est avec le cœur plein de chagrin que Joseph Jaozandry apprend la disparition de sa fille.
Amnistié en 1956, il réapparait sur la scène politique et continue son combat. Pendant cette période, les colonisateurs ont donné une certaine liberté aux Malgaches. On assiste alors au réveil du nationalisme vers la moitié des années 50. « Ainsi naît l’Union du Peuple Malgache en 1957. Joseph Jaozandry figure parmi les membres influents du parti et comme leader ‘nordiste’ incontournable, côtoyant les Francis Sautron, Justin Bezara, Victor Miadana, et décide de se lancer dans la course électorale à l’Assemblée provinciale du 31 mars 1957», a affirmé l’historien Jean Patrick Feno. Le Congrès qui s’est déroulé à Tamatave le 4 mai 1958 lui donne des opportunités à continuer le combat déjà entamé à Antalaha. Il a côtoyé des personnalités politiques comme le « pasteur rouge » Richard Andriamanjato, la communisante Gisèle Rabesahala, et Joseph Ravoahangy. De simple sympathisant à membre actif, il a connu la montée et participe à l’élaboration des projets du parti AKFM.
En 1960, il a écrit également dans journal Fahaleovantenan’i Madagasikara dont il est devenu directeur de publication.
Homme symbole, Joseph Jaozandry l’a été et le sera toujours pour avoir lutté contre les pouvoirs coloniaux. Il a su cristalliser l’aspiration à l’indépendance, a consacré sa vie pour la libération de la population malgache qu’il tient à cœur. Il a été le fer de lance dans son combat pour la liberté démocratique et l’indépendance du pays. Joseph Jaozandry a été fidèle à sa conviction. Il a combattu l’injustice jusqu’à son dernier souffle. Il s’est éteint en 1981.
Recueilli par Iss Heridiny