Claudine Fanirisoa, paix à son âme. À partir de toute présomption, « supposons que nous ayons vu la vidéo de la femme éventrée d’abord, puis la vidéo des trois hommes brûlés vifs en représailles, notre perception de cette affaire aurait été différente », souligne avec philosophie un internaute sur « Facebook » concernant l’affaire Tsarahonenana Sahanivotry Antsirabe II. Les réseaux sociaux en ont fait grand bruit durant le week-end. Images insoutenables à l’appui, la planète facebookienne malgache a été divisée par cette vindicte populaire. D’ailleurs, le ministère de la Culture a tout de suite contrecarré le partage et la propagation des vidéos de ce « supplice du bûcher ». Il faut croire que depuis une quinzaine d’années, le morbide fait maintenant partie du passe-temps des Malgaches sur Facebook. Donc, à partir de toute présomption, la vidéo de l’assassinat de Claudine Fanirisoa a été diffusée avant celle des trois brûlés vifs. « Supposons tel que », … au moins trois personnes tiendraient la victime, l’une d’elles enfonce un objet tranchant dans son ventre et l’ouvre jusqu’à presque atteindre la cuisse. Elle se débat, elle crie, supplie probablement. Probablement, ces tortionnaires la regardent agoniser. Le sang gicle, les vêtements deviennent rouges hémoglobine. Après d’intenses souffrances, Claudine Fanirisoa succombe. Quelques minutes après l’acte, la vidéo de cette bestialité arrive sur « Facebook ». Quelques heures après, viennent les images des trois suspects qui sont mis au bûcher. Sans ménagement, devant le regard d’un rassemblement où il y a des gosses. Des gosses, pardi ! Inutile d’aller sur des théories et explications mirobolantes. Ni de donneur(se)s de morale infantilisante. C’est simple, dans ce pays ultra-corrompu, les « consommateurs finaux » de cette corruption : le petit peuple, préfèrent la vindicte populaire, faute de faire confiance à la justice. Ces consommateurs finaux adorent « se manger » entre eux. Quand les grands requins, malgaches et étrangers, surfent sur les vagues de l’impunité. Jusqu’à être des personnalités publiques influentes et proches des politiques. Bienvenue au pire des « no man’s land », même le diable y viendrait pour suivre un « bootcamp ».
Maminirina Rado


