
À Madagascar, le mot « délestage » est devenu synonyme de frustration et d’incertitude. Dans les grandes villes comme dans les zones rurales, les habitants doivent composer avec des coupures d’électricité qui s’étendent parfois sur plusieurs heures, plongeant des quartiers entiers dans l’obscurité. Ces interruptions, souvent imprévisibles, rythment désormais la vie quotidienne et imposent une adaptation permanente. Depuis quelques jours, les coupures d’électricité se sont intensifiées et durent parfois deux, voire trois heures. Les ménages s’organisent tant bien que mal, en recourant aux bougies, aux lampes solaires ou aux petits groupes électrogènes, mais ces solutions restent coûteuses et limitées.
Lassitude. Dans les quartiers populaires, le délestage affecte également la sécurité. Les rues plongées dans le noir favorisent les actes de délinquance et renforcent le sentiment d’insécurité. Les habitants redoublent de vigilance, mais la peur s’installe dès que la nuit tombe sans éclairage public. Face à cette réalité, les Malgaches développent une incroyable capacité d’adaptation. Les petits commerces s’équipent de lampes rechargeables, les ménages planifient leurs activités en fonction des heures de coupure et les communautés s’entraident pour surmonter les difficultés. Pourtant, derrière cette résilience se cache une lassitude profonde : vivre sans électricité régulière reste une épreuve quotidienne qui fragilise le tissu social.
Narindra Rakotobe


