
En 2017, une étude publiée dans la revue PNAS (Genomic landscape of human diversity across Madagascar), menée par le généticien Denis Pierron, a marqué un tournant. Près de 3 000 individus, issus de plus de 250 localités couvrant l’ensemble du territoire — des régions côtières et centrales —, ont été testés. Cette couverture totale a révélé une donnée capitale : chaque échantillon, sans exception, présente un marqueur génétique résiduel de 2% à 5%. Fait exceptionnel, cet ADN ne correspond à aucune population connue ailleurs dans le monde, confirmant l’existence d’une lignée humaine isolée et unique à Madagascar. Ce constat rejoint les fouilles (1980-1990) de J.-P. et M. Dominichini sur le site de Lakato (Moramanga), où des outils en quartz attestent d’une occupation précoce de la forêt. Parallèlement, les travaux de James Hansford (Science Advances, 2018) confirment cette antériorité via des marques de boucherie sur des ossements de mégafaune éteinte, datant la présence humaine à plusieurs millénaires avant notre ère. Loin d’avoir disparu, ces premiers occupants ont été assimilés par les vagues migratoires ultérieures. Le patrimoine génétique actuel conserve la trace matérielle de ces communautés anciennes, offrant un fondement historique aux récits traditionnels sur les Vazimba, premiers habitants de la Grande île, dont l’existence est désormais confirmée par la science.
Maminirina Rado




