
Changement de paradigme à Mahajanga. Fidèle à son credo, le Colonel Michaël Randrianirina a investi le Gymnase de la Cité des Fleurs pour une rencontre marathon avec les administrés. L’objectif est clair : instaurer une « nouvelle méthode de travail ». Pour le président de la Refondation, il s’agit de faire en sorte que « la parole vienne d’en bas ». Face aux doléances, le Colonel n’a pas pratiqué la langue de bois. Sur le dossier brûlant des litiges fonciers, il a pointé du doigt la corruption comme racine du mal. La solution ? La mise en place imminente de commissions mixtes régionales et de districts pour trancher les dossiers au plus près du terrain.
Transparence. L’autre moment fort fut l’évocation de la disparition du navire AW. Alors que la Cour d’appel de Mahajanga déplore n’avoir reçu aucun rapport des enquêtes passées, menées depuis la capitale, Michaël Randrianirina a tranché : « Nous n’interviendrons pas. Vous êtes totalement indépendants pour mener l’enquête », Une volonté de transparence qui détonne avec l’opacité antérieure. Sur le plan politique, le ton est ferme : aucune élection n’est envisageable sans une refonte de la liste électorale et une restructuration de la CENI via la Concertation nationale. Enfin, répondant aux préoccupations locales, il a promis la nomination d’un natif à la tête de la région Boeny et a pris note des besoins urgents, comme l’installation de fabriques de glace pour les petits pêcheurs. Une tournée qui confirme la volonté du président de la Rénovation de prendre le pouls réel de la Grande île, loin des rapports feutrés des ministères.
Julien R.


