
Le ministère du Développement numérique, des Postes et des Télécommunications prévoit de réduire la fracture numérique, notamment entre les zones urbaines et rurales, en accélérant le rattrapage du retard de Madagascar en matière de digitalisation.
« Le taux moyen d’accès au numérique est inférieur à 36% à Madagascar. Pourtant, le numérique est considéré comme un outil de développement social et économique du pays, et non comme un simple enjeu technique », a souligné le ministre de tutelle, Mahefa Andriamampiadana, lors de la présentation de son bilan, après trois mois et quelques jours à la tête de son département. Il a précisé que l’accès à Internet est présenté comme un droit pour tous et non un luxe ou un privilège pour certaines personnes. Pour ce faire, « l’État prône actuellement la libéralisation du secteur des télécommunications pour assurer une concurrence saine et loyale. Nous sommes ainsi ouverts à la libre concurrence en sollicitant la venue d’investisseurs étrangers dans le pays », a-t-il enchaîné.Contraintes. Il convient de rappeler que trois investisseurs ont déjà manifesté leur intérêt pour opérer dans le secteur des télécommunications. Le ministre du Développement numérique, des Postes et des Télécommunications, Mahefa Andriamampiadana, a cependant évoqué des contraintes au niveau de la loi régissant ce secteur, qui les empêchent de s’implanter à Madagascar, ont été identifiées. « Certes, cette législation en vigueur a fait l’objet d’une refonte, mais certaines dispositions stipulent, entre autres, que « tout demandeur de licence devra prouver qu’il opère dans dix pays au moins, totalisant au minimum 100 millions de lignes ou clients. C’est tout à fait impossible. Nous sommes actuellement à pied d’œuvre pour la restructuration de cette loi régissant les télécommunications afin de faciliter la venue de nouveaux investisseurs », a-t-il dit.
Vérité de prix
Parlant du coût d’Internet, le ministre de tutelle a annoncé une baisse effective de l’ordre de 43 % pour certains opérateurs. « D’autres ont proposé un tarif promotionnel de 1 000 Ar pour un data de 1 Giga. Ce n’est pas encore suffisant, mais c’est déjà un début. Les négociations avec le groupement des opérateurs en télécommunications se poursuivent afin de parvenir à l’instauration d’une vérité de prix et non d’un prix artificiel, et ce, d’une manière durable, avec un meilleur contrôle des pratiques, notamment la transparence de l’offre de service. La proposition de l’offre Internet nocturne, qualifiée par les utilisateurs de data « fantôme », est, entre autres, une pratique qui pourrait nuire à leur santé », a-t-il fait savoir. Par ailleurs, le département ministériel est en train de renforcer les infrastructures de télécommunications pour répondre à l’augmentation rapide de l’usage d’Internet, tout en priorisant le déploiement du réseau dans les zones rurales à travers l’extension des projets Smart Village pour une inclusion numérique. La digitalisation de l’administration n’est pas en reste, avec la dotation d’ordinateurs aux agents de l’État.
Navalona R.


