
Alors que la Grande Île s’enfonce dans une incertitude institutionnelle persistante, Marc Ravalomanana n’a pas mâché ses mots lors de sa rencontre avec la délégation de la SADC.
« Sommes-nous en période d’intérim ou de transition ? » C’est la question soulevée par l’ancien président de la République, Marc Ravalomanana, à l’issue de sa rencontre avec la délégation de la SADC, hier, à son domicile de Faravohitra. Une interrogation qui reflète, selon le président national du parti Tiako i Madagasikara (TIM), le flou persistant entourant la gestion actuelle des affaires nationales. D’emblée, Marc Ravalomanana affirme que Madagascar ne se trouve plus dans un cadre constitutionnel normal. « Les dirigeants actuels doivent reconnaître que Madagascar n’est plus régi par un régime légal tel que défini par la Constitution », a-t-il déclaré devant les représentants de la Communauté de développement de l’Afrique australe. Pour l’ancien chef de l’État, la situation en cours ne relève ni d’un véritable intérim ni d’une transition clairement établie.
Clarification urgente
En effet, se référant à la Constitution malgache, Marc Ravalomanana soutient que la notion d’« intérim » avancée par certaines autorités n’est plus valable. « Un intérim est censé être de courte durée et ne peut excéder 60 jours. Or, ce délai est déjà dépassé », a-t-il rappelé, ajoutant que le pays se trouverait logiquement en période de transition si le cadre constitutionnel était respecté. Face à cette situation, l’ancien président plaide pour une clarification urgente du mode de gouvernance. Il insiste notamment sur la nécessité d’établir un calendrier précis menant aux élections, condition essentielle, selon lui, pour un retour à l’ordre constitutionnel et à la légalité. « Le processus de gestion du pays reste très flou, et les Malgaches ont le droit de savoir dans quel cadre ils se trouvent », a-t-il souligné.
Dialogue malgacho-malgache. Marc Ravalomanana appelle également à l’organisation d’un dialogue malgacho-malgache sous l’égide du Conseil œcuménique des Églises chrétiennes de Madagascar (FFKM), afin de désamorcer les tensions politiques. Il estime que la SADC a un rôle central à jouer dans ce contexte de crise, rappelant que l’organisation régionale est habilitée à accompagner ses États membres en cas de mésentente politique majeure. Tout en saluant la venue de la délégation de la SADC, l’ancien président affirme que le protocole de l’organisation régionale doit être pleinement appliqué pour stabiliser le pays. « Tous les partis politiques doivent être écoutés, et les zones d’ombre doivent être levées », a-t-il conclu, appelant à un dénouement, dans un cadre consensuel, de la situation politique actuelle de Madagascar, avec la mise en place d’une charte de la transition.
Julien R.


