La semaine politique à Madagascar reste focalisée sur la question de la tenue des élections en décembre prochain. Cette date a été fixée par la CENI après la lettre du Premier ministre demandant le report des élections du 06 novembre. Cependant, le scrutin selon l’article 52 de la loi organique n°2018-008 du 11 mai 2018 doit se tenir durant la saison sèche, sauf cas de force majeure. Dans ce cas précis, la force majeure est constatée. Les acteurs de la vie politique en ont pris acte et les membres de la plateforme Firaisankina se disent prêts à faire face à l’échéance. Ils attendent aussi, comme l’ensemble de l’opinion publique, la nomination de la nouvelle équipe gouvernementale. Le régime reste plutôt attentiste. Le président de la République essaie de développer des relations fructueuses avec des pays du continent à l’occasion d’une tournée qui l’a menée, notamment, en Guinée Bissau et en Angola. Il a eu l’occasion d’évoquer la pertinence de la coopération des pays du sud et de cette solidarité africaine qui est en train de se développer.
L’actualité internationale est extrêmement sombre, mais c’est tout d’abord vers les Jeux olympiques de Paris 2024 que l’attention des citoyens du monde se focalise. Après la cérémonie grandiose de l’ouverture, les athlètes sont entrés dans le vif du sujet. Les moissons de médaille ont commencé. Les grandes nations ont fait honneur à leur réputation. La Chine, les Etats-Unis, mais aussi la France, pays organisateur, ont tenu leur rang. La France est dans le peloton de tête du tableau des médailles. Mis à part la paralysie des trains de la SNCF, lors de l’ouverture des jeux, aucun incident n’a eu lieu. Les services de sécurité ont parfaitement rempli leur rôle.
La trêve espérée à l’occasion de ces jeux n’a pas empêché les conflits de continuer. Le Moyen-Orient est peut-être en train de basculer dans une guerre qui peut mettre à feu et à sang les pays de la région. Israël a choisi la méthode dite « d’assassinats ciblés » pour frapper ses ennemis. Les membres du cabinet de guerre avaient prévu d’exercer des représailles après la mort des adolescents druzes bombardés par une roquette. La réponse a été foudroyante. Le chef du bureau politique du Hamas invité à la cérémonie d’investiture du nouveau président iranien, est mort dans l’explosion de l’immeuble où il résidait. Le n°2 du Hezbollah a, lui aussi, été tué à Beyrouth, victime d’une attaque de drones. Les Iraniens ont pris cet assassinat comme un véritable affront et le Guide suprême, l’ayatollah Khamenei, lui-même, a ordonné que la riposte envers l’état hébreu soit exemplaire. Benyamin Netanyahu se dit prêt à la confrontation. Nul ne sait cependant, pour l’instant, quelle sera son ampleur.
Le Venezuela est actuellement dans la tourmente après la proclamation par la Commission électorale de la victoire du président sortant à l’élection présidentielle. L’opposition a crié à la fraude car les enquêtes d’opinion avaient donné Nicolas Maduro très largement battu. La population est descendue dans la rue pour refuser les résultats de l’élection. Plusieurs pays, dont les Etats-Unis, ont contesté la régularité du scrutin, mais le président sortant n’entend pas reculer.
Le monde vit l’espace de ces Jeux olympiques dans un espace de liberté. Mais en dehors de cette bulle, les tensions sont toujours aussi fortes. Le Moyen-Orient est peut-être à l’orée d’une guerre qui, si les grandes puissances n’y prennent pas garde, peut se généraliser. Mais tous ses protagonistes sont conscients des risques encourus et ils savent jusqu’où ils peuvent aller.
Patrice RABE