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mercredi, janvier 14, 2026
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Midirama : Les 100 premiers jours en eaux troubles de la Refondation

Michaël and Co n’a pas bénéficié de la tolérance généralement accordée aux nouveaux arrivants au pouvoir. Il faut souligner qu’ils n’ont pas demandé ce round d’observation où les acteurs politiques se ménagent et s’échangent des tirs à fleurets mouchetés. Un manque d’expérience dans l’exercice du pouvoir, peut-être, car pourquoi se priver d’un privilège habituellement accordé aux nouveaux entrants ? Résultat : le pouvoir se fait très vite doubler, aussi bien sur sa droite que sur sa gauche.

À sa droite, le côté où l’on s’attend le moins

La Gen Z cache de moins en moins son scepticisme quant à la refondation de l’État. Dans la résolution des problèmes de l’eau et de l’électricité, par exemple, l’Exécutif actuel ne propose rien d’inédit, se contentant de répéter les explications d’hier — sabotages, aléas climatiques, difficultés financières — sans prendre de décisions radicales. Aucune restructuration de la Jirama, aucune recherche de productivité des moyens (humains, matériels et financiers) de cette entreprise, ni d’alternative aux problèmes d’approvisionnement en fuel, alors que la population ploie toujours sous le poids de délestages plus fréquents et plus longs qu’auparavant.

Les actions menées jusqu’à présent ne laissent pas présager une refonte politique radicale

La lutte contre la corruption, même si elle n’en est qu’à ses débuts, ne cible pas la corruption « usuelle », celle du quotidien — notamment celle de certains agents de bureau de l’administration (paiement contre service accéléré) — dont la permanence alimente pourtant la grande corruption. L’objectif affiché d’une gouvernance plus juste et plus transparente contraste avec des nominations qui relèvent davantage de la cooptation que de critères d’objectivité. Concernant l’enseignement, le manque crucial d’enseignants, tant en quantité qu’en qualité, ne semble pas être réellement traité. Comment expliquer, en effet, que l’État s’appuie toujours sur le système FRAM alors que des diplômés des ENS cherchent activement un emploi ? En résumé, leurs griefs portent sur l’absence de perspectives de participation politique réelle : ils ont le sentiment de ne pas peser sur les décisions de l’État.

À sa gauche, dans sa tactique de nuisance à outrance

L’équipe sortante n’entend laisser aucun répit au pouvoir actuel. Elle s’attaque aux décisions de justice qu’elle qualifie de chasse aux sorcières et de verdicts dictés par les vainqueurs. Elle saisit toutes les occasions propices aux critiques, qu’il s’agisse de manquements aux droits humains — comme dans le cas des employés du groupe Sodiat menacés de chômage, par exemple — ou des traitements inhumains infligés aux détenus, notamment lorsqu’il s’agit des leurs, évidemment.

Au centre, les « mpitolona »

Les sympathisants, activistes ou non, ne manquent pas non plus de hausser le ton lorsque leur vie quotidienne est touchée, notamment par le manque d’eau et d’électricité, surtout lorsqu’ils voient de longues files de clients attendre devant les guichets de la Jirama pour payer. De même, ils s’interrogent : osera-t-on vraiment s’attaquer au train de vie de l’État, alors que les longs convois de 4×4 aux sirènes stridentes des personnalités continuent de défiler ?

À l’étranger, rien de nouveau

Sinon, l’énième plan de paix pour l’Ukraine, présenté une fois de plus par le même personnage — Trump — parce qu’il serait, paraît-il, « le plus beau et le plus puissant ». Cette fois-ci, son plan, à force d’être rabâché, aurait des chances d’amener la paix, c’est-à-dire la capitulation de Kiev, avec à la clé la cession de 20 % de son territoire et la limitation de son armée à 400 000 hommes. Des conditions qui rappellent étrangement celles formulées par l’autre homme du genre « plus beau que moi, tu meurs ».

Mickey Ranarivao

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2 Commentaires

  1. Pour nous 100 premiers jours sublimes et voyons ça :

    En ordonnant le 23 octobre le gel immédiat des avoirs du tycoon malgache exilé à Maurice, de ceux de son entourage ainsi que de plus de quarante sociétés qui lui sont affiliées, la justice mauricienne a ouvert une séquence judiciaire d’une ampleur inédite. Après l’ouverture d’une enquête à Port-Louis fin octobre pour « blanchiment d’argent » à l’encontre de Maminiaina Ravatomanga, dit « Mamy », l’avenir du businessman malgache demeure incertain. Admis le 7 novembre dans une clinique privée mauricienne pour raisons de santé, le tycoon reste néanmoins à la disposition des enquêteurs de la Financial Crimes Commission (FCC). Le 23 octobre, la Cour suprême de Maurice a ordonné la saisie pénale massive de ses avoirs, de ceux de plusieurs membres de sa famille ainsi que d’un vaste réseau de sociétés actives dans divers secteurs. Un mois après, alors que l’enquête se déroule toujours dans la plus grande discrétion, l’ampleur du gel d’actifs laisse entendre que la justice mauricienne dispose de preuves solides, justifiant une action rapide pour prévenir toute dissipation de fonds. Dans ce document de trois pages, consulté par Africa Intelligence, l’homme d’affaires est mentionné comme signataire bancaire, directeur, actionnaire ou bénéficiaire effectif ultime de toutes ces entreprises. Le juge Renuka Devi Dabee y ordonne le gel immédiat de tous les comptes liés au magnat, interdit tous mouvements de fonds et impose que la moindre opération financière soit préalablement validée par la justice. La FCC cherche manifestement à couper court à des flux jugés sensibles circulant dans le système bancaire mauricien. Éviter les dispersions secondaires des actifs. L’ordonnance vise directement cinq proches de Mamy Ravatomanga : ses fils Ramy Mialy Tiana Ravatomanga et Aina Fenosoa Ravatomanga, sa fille Lovanirina Ravatomanga, ainsi que son gendre, Andry Patrick Rabetokotany, installé en France et dont le nom figurait parmi les administrateurs de la filiale malgache d’AFG Bank. AFG Madagascar, qui a déposé ses statuts en février 2023 à Antananarivo, appartient au conglomérat Atlantic Financial Group (AFG), fondé en 2005 par l’Ivoirien Bernard Koné Dossongui (AI du 21/08/23). La belle-fille de Mamy Ravatomanga, Sandy Domoina Rahoeliarivahy, est également mentionnée dans la décision judiciaire. En élargissant la mesure à plusieurs membres directs du clan Ravatomanga, la FCC entend prévenir toute dispersion secondaire des actifs, un phénomène fréquemment observé dans les enquêtes portant sur des montages financiers complexes; Le document énumère également plus d’une quarantaine d’entités économiques, allant de sociétés mauriciennes à des entreprises régionales d’importance stratégique. En tête de la liste figure le conglomérat Sodiat – actif, entre autres, dans le BTP, le transport, l’agriculture et les médias , l’empire fondé par Mamy Ravatomanga dans les années 1990 et acteur incontournable de l’économie malgache. Toutes ses filiales sont nommément visées, parmi lesquelles : Auto-Diffusion, Sodiat Export, Sodiatrans, Trans Ocean Airways, SMC Presse, Radio FY, Cap Mada Voyages, la Polyclinique d’Ilafy ou encore Madagascar Security Academy (MSA). Un inventaire précis qui témoigne de la volonté des autorités mauriciennes de neutraliser l’intégralité du périmètre opérationnel du groupe afin d’empêcher tout contournement éventuel de la mesure de gel . D’autres entreprises implantées à Maurice sont aussi présentes dans la liste, dont trois sociétés civiles immobilières (SCI) portant les noms des enfants Ravatomanga. Y apparaît aussi Madarail Holdings, conglomérat par lequel Mamy Ravatomanga avait acquis 75 % de la compagnie ferroviaire malgache Madarail, en 2011, avant de s’en retirer, onze ans plus tard, après une demande en ce sens de la Banque mondiale (AI du 21/06/24). La Société immobilière d’Ambohidratrimo (SIA), actionnaire majoritaire du golf du Rova, et New Investment Hub, le véhicule offshore de Trans Ocean Airways, sont également visés.
    Plus surprenante encore, la présence d’Udaan Potentials, cette société malgache utilisée par l’Iran pour immatriculer illégalement cinq Boeing 777-200 . un élément de l’affaire révélé par Africa Intelligence en juillet et qui avait entraîné le limogeage du ministre des transports Valéry Ramonjavelo (AI du 29/07/25).
    On se délecte donc évitant de faire des procès d’intention et d’être des oiseaux de mauvaise augure !

  2. On a beau dire et faire de beaux laïus, l’atmosphère anxiogène portée par le jeu des mutations et des valses d’opportunistes n’est point levée.
    C’est prendre des rêveurs pour des magiciens réalistes que de penser que le fait d’épingler le magnat affairiste à Maurice est la panacée aux maux du pays.
    Attention à la diversion et aux masques.
    La certitude que la justice mauricienne n’est pas sous tutelle est une réalité acquise et indéniable sur ces entrefaites La leçon est là. L’image est sans bavure.
    Refondation ou incarnation de l’éthique ???

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