Sept semaines après sa prise de fonction, le premier ministre français, François Bayrou, avait passé l’épreuve périlleuse de la présentation de son budget à l’Assemblée. Il avait décidé d’utiliser l’article 49-3 de la constitution pour son adoption. Il n’a pas été renversé par la motion de censure de la LFI, le parti socialiste et le RN refusant de joindre leurs voix à ce dernier. Après son adoption par le Sénat et son passage devant le conseil constitutionnel qui ne l’a pas censuré, le budget présenté par le gouvernement est définitivement adopté.
Mission accomplie pour François Bayrou
L’état d’incertitude qui régnait depuis la dissolution de l’Assemblée Nationale et l’inexistence d’un véritable groupe parlementaire au Parlement ont entraîné un blocage dans le fonctionnement normal de l’État. Le jeu politique, qui devait entrer en ligne de compte dans le choix du premier ministre par le président de la République, entraîna cette longue période de doute dans l’opinion. Les marchandages opérés par les factions politiques aboutirent à la mise en place d’un gouvernement dirigé par Michel Barnier. On savait que sa tâche était difficile car il était sous la menace des motions de censure du RN et du NFP. Les commentateurs se demandaient combien de temps il resterait en fonction. Sa première tâche était de présenter un projet de budget qui serait voté à l’Assemblée. Dans le contexte qui régnait, on savait que sa mission était presque impossible. Les discussions avec les représentants des groupes parlementaires furent houleuses. C’est sans surprise que son gouvernement fut renversé par des motions de censure. L’arrivée de François Bayrou à Matignon fut plus rapide que prévu. Cet homme politique, extrêmement expérimenté, semble s’être imposé au président Macron. Il a réussi à désarmer les critiques de ses adversaires. Il a mené des discussions fructueuses avec les socialistes et ne s’est pas aliéné par le RN. C’est fort des assurances des uns et des autres qu’il a défendu son projet de loi de finance à l’Assemblée. Il a, bien sûr, utilisé le 49,3 pour son adoption, mais il n’a pas été renversé par une motion de censure.
Patrice RABE