
La mission technique du FMI, en préparation de la revue FEC/FRD attendue en mars-avril 2026, a arrêté plusieurs orientations avec les autorités malagasy, dont le cadrage de la LFR 2026, la mobilisation des recettes et le redressement de la Jirama.
Au terme des échanges, les autorités malgaches et les représentants du FMI entendent consolider les repères du programme et accélérer les ajustements nécessaires afin de rattraper les écarts constatés à fin 2025, avec un horizon fixé jusqu’en 2027, en s’appuyant notamment sur les performances enregistrées par le ministère de l’Économie et des Finances dans la mobilisation des recettes et le pilotage de l’exécution budgétaire. Le pays bénéficie en effet d’un appui financier du FMI au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) et de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD), sur une période de 40 mois allant de juin 2024 à mai 2027. Le financement s’élève à 256,62 millions de DTS, soit environ 337 millions de dollars pour la FEC (105% du quota), et à 244,4 millions de DTS, soit environ 321 millions de dollars pour la FRD (100% du quota). Au-delà des montants, ce programme joue un rôle de catalyseur pour mobiliser d’autres appuis auprès des partenaires au développement. Selon les objectifs rappelés durant la mission, le programme soutenu par la FEC doit renforcer la résilience économique en ancrant la viabilité budgétaire, en améliorant la gouvernance, en consolidant la stabilité monétaire et financière, et en faisant progresser les réformes favorables à l’industrialisation et au développement du capital humain. L’accord FRD, de son côté, appuie les réformes d’adaptation au changement climatique et de résilience face aux catastrophes naturelles, tout en créant les conditions d’investissements verts, notamment privés, et en améliorant la protection des écosystèmes.
Échanges fructueux
Concrètement, la mission a eu pour objet d’informer les autorités malgaches sur les objectifs du programme, de collecter des informations sur la politique économique et budgétaire du gouvernement, et de s’assurer que les politiques publiques demeurent soutenables et crédibles. Les échanges ont principalement porté sur le cadrage macroéconomique en 2025 et les perspectives à moyen terme, les chiffres des recettes et des dépenses réalisés à fin décembre 2025, ainsi que les perspectives 2026 en vue de la loi de finances rectificative (LFR) et les réformes envisagées. D’autres dossiers structurants ont été discutés, dont la mise en œuvre du plan de redressement de la Jirama et du mécanisme d’ajustement automatique des prix des carburants, la politique monétaire et le secteur extérieur, ainsi que le diagnostic de gouvernance, avec un focus sur la lutte contre la corruption.
Vers une relance
En termes de résolutions, la LFR 2026 apparaît comme un point de passage décisif. Sa finalisation reste en attente des résultats des Assises nationales pour la relance économique, prévues la semaine du 19 janvier. Dans cette perspective, il est jugé nécessaire de s’accorder sur les chiffres retenus, notamment les hypothèses de croissance qui serviront de base au cadrage budgétaire. Sur la mobilisation des recettes, l’objectif du programme vise une augmentation de 2,4% du PIB sur trois ans. Un retard de 0,5% du PIB est toutefois constaté à fin décembre 2025. Les discussions actent que cet écart devra être rattrapé en 2026 et 2027, en combinant mesures de réforme et renforcement de l’exécution. La mission souligne également l’importance accordée aux dépenses liées au plan de redressement de la Jirama, ainsi qu’aux efforts de gouvernance, en particulier la lutte contre la corruption, considérée comme un levier de crédibilité et d’efficacité de l’action publique. Enfin, la poursuite du programme FEC-FRD implique un suivi rigoureux des engagements pris, notamment les repères structurels, afin de sécuriser la trajectoire jusqu’à l’échéance de mai 2027. Pour mener ces échanges, la mission a rencontré plusieurs départements du ministère de l’Économie et des Finances. Elle s’est également entretenue avec la Banque centrale, des ministères sectoriels, les systèmes anticorruption, la Jirama et l’OMH (Office malgache des hydrocarbures), ainsi qu’avec de hautes autorités.
Antsa R.


