
Venu à bout du plasmodium falciparum, parasite le plus répandu, responsable du paludisme dans sa forme la plus sévère, un médicament expérimental promet une efficacité de 100%.
Une équipe médicale internationale vient de mettre au point un nouveau traitement expérimental contre le paludisme et qui avance une guérison totale des malades infectés par le Plasmodium falciparum. Le Pr Peter Kremsner est à la tête de cette équipe scientifique et est issu de l’institut de Médecine tropicale de Tübingen, en Allemagne, qui collabore depuis longtemps avec des hôpitaux et des centres de recherche au Gabon.
Les résultats des recherches, publiés dans une revue scientifique, font état d’un médicament d’un nouveau genre puisqu’il combine un antipaludéen, la pipéraquine et un antibiotique, la fosmidomycine, un dérivé de la fosfomycine. Ce nouveau traitement expérimental, administré pendant trois jours, promet 100 % de guérison.
Approche originale. L’originalité de cette approche inédite réside dans son mode d’action. En effet, le médicament expérimental permet d’agir selon deux mécanismes indépendants. Alors que la pipéraquine attaque le parasite au niveau du globule rouge, la fosmidomycine bloque une voie métabolique qui intervient dans la production d’isoprénoïdes, une vaste famille de substances naturelles présentes chez tous les organismes vivants et qui sont nécessaires à la reproduction du parasite. Avec deux cibles différentes, les scientifiques qui ont mis au point de médicament se mettent donc – à priori – à l’abri de l’apparition rapide d’une double résistance. Mais seulement, à priori, l’étape des recherches ne permettant pas encore d’être définitivement affirmatif sur ce point.
Essais. Les essais préliminaires, dits de phase 2, ont été un succès. Ils ont pour but de tester l’efficacité, la tolérance et la sécurité de ce nouveau médicament fruit d’une combinaison. L’essai a inclus 83 personnes, âgées de 1 à 30 ans, infectées par le Plasmodium falciparum. Le traitement a été administré pendant trois jours et les résultats, avec un suivi à deux mois, rapportent effectivement 83 guérisons. Le parasite a totalement disparu de la circulation sanguine et ce, sans aucun effet secondaire majeur. Ces résultats encourageants conduiront à d’autres essais beaucoup plus étendus.
CTA. Quoi qu’il en soit, le traitement actuellement préconisé par l’OMS reste la combinaison thérapeutique à base d’artémisinine (CTA) pour le paludisme non compliqué causé par P. falciparum. Les CTA associent (aussi) 2 principes actifs qui ont des modes d’action différents. Ce sont les antipaludiques les plus efficaces dont on dispose actuellement. Si l’OMS recommande 5 CTA contre le paludisme à P. falciparum, le choix pour l’un d’entre eux doit se fonder sur les résultats des études d’efficacité thérapeutique contre les souches locales de paludisme à P. falciparum.
Rappelons que le paludisme est à l’origine de près de 500.000 décès par an, dont majoritairement des enfants de moins de 5 ans. Le continent africain est de loin celui qui compte le plus grand nombre de malades dans la mesure où 90% des cas surviennent en Afrique.
Recueillis par Hanitra R.