
C’est un accueil des grands jours qui a été réservé au Colonel Michaël Randrianirina et à son épouse, hier à 7 heures du matin, lors de leur arrivée à Toamasina. Accompagné d’une délégation gouvernementale, dont la ministre de la Population et non moins marraine de la province, Sidonie Raharinirina, le chef de l’État a entamé un marathon de terrain. Au-delà du protocole, ce déplacement s’inscrit dans une volonté ferme de marquer le territoire par des actes concrets et un discours de vérité.
Corruption. Le point d’orgue de cette visite fut sans conteste l’appel frontal lancé par le président de la Refondation contre les fléaux de la corruption et du monopole. Sans détour, le Colonel a mis chacun face à sa responsabilité citoyenne. « Il n’y a pas de développement sans changement de mentalité car, parfois, c’est nous-mêmes qui poussons les fonctionnaires à accepter des pots-de-vin », a-t-il déclaré. Un message clair qui appelle à un sursaut patriotique. Pour le chef de l’État, la refondation ne peut être effective sans une intégrité partagée entre l’administration et les administrés.
Mainmise
Sur le plan économique, le locataire d’Iavoloha s’est montré tout aussi offensif. Face aux représentants du secteur privé, il a dénoncé la mainmise d’une « poignée d’opérateurs » sur les marchés clés. « Nous sommes là pour y mettre un terme », a-t-il martelé. Sa stratégie ? Ouvrir le marché à de nouveaux investisseurs pour instaurer une concurrence réelle, seul levier capable, selon lui, de faire baisser les prix et d’améliorer le pouvoir d’achat des ménages.
Distribution. Le volet social n’a pas été en reste. La délégation a procédé à une distribution massive de vivres pour les plus vulnérables : 25 tonnes de riz, 1 tonne de sucre et 50 bidons d’huile. La culture a également été à l’honneur lors d’une cérémonie solennelle : 75 artistes ont été élevés au rang de chevaliers et d’officiers de l’Ordre national. Le Centre d’incubation Tosik’art de Salazamay a également reçu de nouveaux équipements pour booster l’entrepreneuriat culturel. En quittant le Grand Port, le colonel Michaël Randrianirina laisse derrière lui l’image d’un dirigeant qui veut briser les vieux codes, tant dans l’assiette des Malgaches que dans leurs habitudes quotidiennes.
Julien R.


