
La « grande guerre » fatidique commerciale, politique et culturelle de ce millénaire sera l’Indo–pacifique entre la Chine et les États–Unis. L’Océan Indien, jadis autoroute commerciale avec ses « goulots d’étranglements » maritimes, rassemble 80% des échanges pétroliers du monde. De la route des épices et des civilisations, l’espace océanique devient petit à petit un espace militaire stratégique.
L’indo-pacifique, vaste territoire marin abritant deux « îles continents », Madagascar et Australie, des milliers de blocs insulaires. Cette surface immense entre en droite ligne dans la nouvelle géopolitique mondiale. Tant que la Chine inquiète à un haut degré les Américains, le projet de loi « Indian Ocean Region Strategic Review Act » risque d’entrer en vigueur. L’inquiétude des Européens s’est déjà manifestée après l’élection de Donald Trump. Pour preuve, la recolonisation par la France d’une partie du sol malgache, les îles éparses. Des bouts du monde qui se trouvent sur une route commerciale très fréquentée, mais aussi un eldorado de l’hydrocarbure. Pas de différence entre une Russie qui annexe une partie de l’Ukraine. Cet « Indian Ocean Region Strategic Review Act » propose donc une nouvelle approche des États-Unis en matière d’occupation stratégique pour contrer la Chine. Cela doit passer par la maîtrise en force et en politique de l’Océan Indien.
Devant la chambre des représentants, le démocrate élu, Joaquin Castro, a émis en mai 2024 de « s’engager avec l’Inde pour mieux comprendre et opérationnaliser les opportunités économiques et politiques dans la région de l’Océan Indien ». L’Inde étant un pays membre des Brics. Le politicien américain a aussi avancé un élargissement de la « coopération avec les alliés des États-Unis dans la région indo-pacifique (y compris le Japon et l’Australie), les principaux partenaires de défense (y compris l’Inde) et les alliés de l’OTAN (y compris le Royaume-Uni et la France), afin de soutenir un ordre fondé sur des règles dans cette région ». Aucune syllabe n’a fait mention de Madagascar. La Grande île occupe une situation stratégique dans la partie occidentale indianocéanique. Ce qui fait craindre la transparence du pays dans ce branle-bas militaro-naval. Donald Trump élu, l’Usaid mis au banc de touche, ce projet de loi ne pourrait pas passer. Pourtant, celui-ci mise beaucoup sur l’apport des organismes américains dans les pays souverains de l’Océan Indien.
Le paradigme politique de l’oncle Sam est en pleine mutation : l’Asie Pacifique n’est plus, vive l’Indo pacifique. Les velléités de l’administration américaine sont claires actuellement, ceux qui ne sont pas avec lui sont contre lui. Pour pouvoir entrer dans la danse, Madagascar se doit de montrer patte blanche. Ce genre de démarche a toujours favorisé les dictateurs. Quitte à pouvoir mettre en marche leurs affaires dans les pays d’Afrique ou d´Amérique latine, les pays comme la France, les États-Unis, etc. préfèrent fermer les yeux lors des exactions politiques des dirigeants des pays alliés à leur cause. Les assassinats politiques, les emprisonnements des intellectuels et des journalistes, les forcings électoraux parfois, les projets « éléphants blancs », … à la source du double « standard » et des concepts du « bon dictateur » et « mauvais dictateur ». Jusqu’à fournir des matériels militaires pour mieux gérer les soulèvements civils ou militaires. Sans écarter l’importance économique avec les «nodules polymétalliques, les sulfures polymétalliques et les croûtes riches en cobalt » dans l’Océan Indien. Il faut croire que la région combine, pour le grand intérêt des Occidentaux, intérêt économique et politique. Avec les temps qui courent, l’enjeu politique n’est que le serviteur de l’enjeu économique/énergétique. Déjà, l’Océan Indien a servi de base de lancement lors de la guerre contre les Talibans en Afghanistan.
Maminirina Rado