
Classé par la Banque mondiale parmi les ports essentiels à l’approvisionnement alimentaire en Afrique subsaharienne, le port de Toamasina confirme son rôle central dans l’économie malgache.
La sécurité alimentaire ne se joue pas uniquement dans les champs, mais aussi au niveau des infrastructures logistiques. En effet, le port de Toamasina, principal hub maritime du pays, constitue un point de passage vital pour les denrées de base. Il concentre l’essentiel des importations de produits alimentaires, notamment les céréales, le sucre et les intrants agricoles. Dans un contexte marqué par la dépendance aux importations et la vulnérabilité climatique, sa performance conditionne directement la disponibilité des denrées sur le marché national.
Avancées
La réhabilitation des silos céréaliers et les investissements engagés ces dernières années apportent des éléments de réponse à la question de savoir comment la modernisation portuaire peut contribuer concrètement à la sécurité alimentaire et à la maîtrise des prix à Madagascar. Réduction des délais de déchargement, sécurisation du stockage et fluidité du transit : autant de paramètres déterminants pour prévenir les ruptures d’approvisionnement, en particulier durant les périodes de soudure ou de crise.
Enjeux
Si la Banque mondiale salue les efforts de modernisation en cours, les défis restent importants. Les coûts logistiques élevés, la congestion portuaire récurrente et les faiblesses des réseaux de transport intérieurs continuent de peser sur les prix à la consommation. À Madagascar, la cherté de la vie demeure une préoccupation majeure pour les ménages. La modernisation du port de Toamasina ne saurait donc constituer une fin en soi : elle doit s’inscrire dans une vision globale intégrant routes, stockage intérieur et gouvernance portuaire. Faire de ce port un levier de stabilisation des prix et de résilience alimentaire représente un défi majeur pour le pays.
José Belalahy


