Une perquisition a été effectuée hier au domicile et dans le bureau du député de Tana IV à Anosibe.
Coup de tonnerre
Plus aucun proche de l’ancien président Andry Rajoelina n’est à l’abri d’une poursuite judiciaire. En effet, après Sahondrarimalala Marie Michelle, députée élue à Fianarantsoa I, incarcérée à la prison d’Avaradrano depuis le 19 janvier dernier, le général Richard Ravalomanana, ancien président du Sénat, placé en détention préventive à Imerintsiarosika le même jour, et Rinah Rakotomanga, ancienne directrice de la Communication de la Présidence sous le régime Andry Rajoelina, c’est au tour de Vyvato Rakotovao, ex-gouverneur de la région Vakinankaratra, de suivre le même sort et de passer par la case prison. D’après les informations, à l’issue d’un déferrement devant le parquet du tribunal de première instance d’Anosy, lundi dernier, le juge a prononcé le placement sous mandat de dépôt à la prison d’Avaradrano contre lui. Sa présentation au tribunal semble avoir été organisée en catimini.
Atteinte à la sûreté de l’État et acte de déstabilisation
Ce sont les chefs d’inculpation portés à son encontre. À rappeler que Vyvato Rakotovao avait été arrêté à Antsirabe le 14 février, jour de la perquisition effectuée dans la résidence d’Augustin Andriamananoro, ancien ministre de la Communication et de la Culture, non moins député élu dans le premier arrondissement de la capitale, à Faliarivo Ampitatafika. Vyvato avait été transféré à Antananarivo le lendemain de son arrestation et a été placé en garde à vue dans les locaux de la Brigade criminelle pendant une dizaine de jours. On estime que les deux hommes sont accusés d’être impliqués dans un même dossier. Car, selon les informations, quelques jours avant les perquisitions suivies d’arrestations, Augustin Andriamananoro et Vyvato Rakotovao auraient été aperçus du côté d’Andohalo, où ils auraient rencontré le président en exercice du FFKM. Ici, le conditionnel est de rigueur. Pour sa part, le député de Tana I reste introuvable, malgré la décision du Bureau permanent de l’Assemblée nationale relative à la levée de son immunité parlementaire.
Immunité parlementaire
Mais la grande information de la journée d’hier fut l’arrestation de Rafidimanana Désiré, alias Fidy TMH, le président national de l’association politique « Tanora Miandrandra ny Hoavy » (TMH). Cet autre élu IRMAR a été arrêté par des éléments de la Brigade criminelle après la perquisition menée à son domicile et dans son bureau à Anosibe. Selon l’intéressé, les fouilles se sont déroulées de 9h à 11h35 et les fonctionnaires ayant réalisé l’opération étaient munis d’un mandat de perquisition en bonne et due forme. « Tout s’est bien passé dans le calme et les Forces de l’ordre ont fait leur travail avec professionnalisme, et il n’y a eu aucun recours à la violence », a-t-il publié sur son compte Facebook. Les enquêteurs ont toutefois saisi son ordinateur et le disque dur des caméras de surveillance. Même si aucun élément compromettant n’a été découvert pendant la perquisition, Rafidimanana Désiré a quand même été auditionné à la Brigade criminelle. Après une fouille menée sur son téléphone, le président national du TMH a finalement été relâché hier en début de soirée. Pour le moment, on ignore si le Bureau permanent de l’Assemblée nationale a déjà levé l’immunité parlementaire du député de Tana IV, comme ce fut le cas de Sahondrarimalala Marie Michelle et d’Augustin Andriamananoro. Le règlement intérieur de la Chambre basse prévoit pourtant que ce sont les cas de flagrant délit qui peuvent justifier la levée de l’immunité dont bénéficient les parlementaires.
Davis R



