Le régime de Refondation fait face à la première catastrophe naturelle de sa toute jeune histoire. Un test grandeur nature pour sa capacité à réagir devant ce genre de phénomène que tous les régimes qui se sont succédé ont enduré, tour à tour.
Premier danger vécu
Comme les cyclones d’avant, et malgré son nom qui rime avec amour, Fytia n’était pas d’une tendresse dans les 17 districts des cinq régions qu’il a traversés. De Boeny à l’Atsinanana, en passant par Sofia, Melaky, Analamanga, Vakinankaratra et Alaotra Mangoro, le cyclone tropical a fait d’énormes dégâts humains et matériels. Le premier bilan provisoire fait notamment état d’un décès et de plus de 22 000 sinistrés. Comme ses prédécesseurs, le président de la Refondation de la République, le colonel Michaël Randrianirina, a rejoint, hier, et ce après une série d’inaugurations dans la région, la ville de Mahajanga, l’une des plus touchées par le cyclone. Histoire probablement de démontrer qu’il est aussi capable de se mettre au chevet des sinistrés pour leur apporter secours et réconfort. Pour sa part, le gouvernement se mobilise sur le terrain. Le Premier ministre, Herintsalama Rajaonarivelo, a donné le ton, à travers une descente au Bureau national de gestion des risques et catastrophes, pour diriger les interventions d’urgence. La réactivité de l’Exécutif face à la situation donne en tout cas de l’espoir aux victimes, dont le nombre devrait augmenter en raison de la montée des eaux, notamment sur les Hautes Terres où, par exemple, le niveau de la Sisaony a connu une hausse très rapide au cours des dernières 24 heures, avec tout ce que cela implique en termes de ruptures de digues. Il s’agit là, en somme, du premier véritable danger auquel est confronté le régime transitoire, qui devra sans doute démontrer que le changement, ou la refondation, passe aussi par une nouvelle manière de gérer les catastrophes naturelles. Celles-ci exigent la mobilisation de moyens humains, matériels et surtout financiers. Cela relève pleinement de la gouvernance d’un régime, qu’il soit transitoire ou d’intérim.
R.Edmond


