Les commentaires vont bon train au sujet de ce voyage éclair du colonel Michaël Randrianirina à Dubaï. D’abord, l’on s’est étonné de son agenda, pourquoi avoir fait l’impasse sur le jour de l’ouverture officielle de la Concertation nationale puis sur le pourquoi et le comment de cette escapade car c’en est une, dans la mesure où pour beaucoup, sa présence devait être une obligation.La motivation est aussi énigmatique que l’explication officielle donnée au public. Un voyage à caractère stratégique, dit-on, qui éclaire à la fois tout et rien. Étant à la tête de l’Etat, il est en droit d’avoir ce pouvoir discrétionnaire de ne pas tout révéler de ses faits et gestes.
Néanmoins, des indiscrétions laissaient entendre que la destination était Dubaï et qu’il aurait pris un jet privé pour rallier cette ville et pour rentrer au pays, périple effectué en moins de 48 heures.
Il aurait rencontré des Américains, des Israéliens et des autorités des EAU (Emirats Arabes Unis), des Israéliens (spécialistes de la sécurité et du renseignement) et des Américains (dont Erick Prince, un ex barbouze reconverti dans les affaires), une liste de personnalités censées sécuriser le pouvoir naissant. La démarche paraît logique pour consolider une assise non encore établie et non reconnue unanimement par la communauté internationale.
Mais ce compte rendu quasi-officiel est-il complet ou parcellaire ?
Parce que l’ombre qui couvre ce voyage fait naître logiquement des explications plus ou moins farfelues selon les intérêts de leurs diffuseurs. Les plus farfelus parlent de valises embarquées remplies d’or dans le jet privé comme si le chef de l’Etat était un vulgaire factotum ; d’autres supposent qu’il aurait voulu rencontrer l’ex-locataire du palais présidentiel pour lui dire de cesser les nuisances déstabilisatrices qu’il dirige à distance sinon l’acharnement contre lui par la justice malgache serait plus pressante. Mais c’est réduire son rang à celui de demandeur lui, qui est le vainqueur de la partie qui s’est jouée.Ce qui nous est parvenu constitue-t-il l’intégralité ou une partie de la vérité ?
Toujours est-il que la raison d’État commande qu’il y ait des secrets d’Etat mais il lui appartient d’évaluer le niveau de transparence exigé par le peuple.
M.Ranarivao


