
Le second volet du sixième rapport d’évaluation des experts du climat de l’ONU (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat ou GIEC) dévoilé, hier, et qui traite du thème des impacts, adaptations et vulnérabilité face aux changements climatiques, pointe du doigt l’échec des dirigeants sur l’épineuse question du réchauffement climatique.
Enième alerte du GIEC. Le réchauffement climatique s’intensifie et s’accélère. Madagascar, qui subit de plein fouet les conséquences des changements climatiques, est plus que jamais concerné par l’évolution de la lutte contre le réchauffement climatique au niveau mondial. Le second volet du sixième rapport d’évaluation du GIEC, publié, hier, dresse un tableau cataclysmique – et c’est le cas de le dire, parlant de Madagascar qui en subit directement les effets à travers les phénomènes climatiques extrêmes – en matière d’impacts du réchauffement climatique sur l’humanité. Le tout, en pointant du doigt l’échec des dirigeants mondiaux à réduire les émissions de gaz à effet de serre.
Question qui fâche ! Le volet finances en est le principal obstacle. En effet, les efforts d’adaptation au réchauffement climatique demeurent insuffisants car cela a un coût. La question qui fâche à chaque sommet mondial sur le climat, n’est pas près de trouver une réponse plausible et satisfaisante. En attendant une issue hypothétique, les émissions de gaz à effet de serre ne cessent de s’accélérer, en dépit des sonnettes d’alarme maintes fois tirées par les experts climat de l’ONU. Le secrétaire général de l’ONU parle d’« accusation accablante » et d’« abdication de leadership criminelle » des dirigeants mondiaux dans la lutte contre le réchauffement de la planète.
« Avenir vivable ». Ce rapport scientifique du GIEC dépeint la souffrance de l’humanité face aux catastrophes et phénomènes climatiques extrêmes, conséquences directes du réchauffement climatique. Les experts mettent en garde contre l’immobilisme. Sur la base de preuves scientifiques avancées par le GIEC, tout retard supplémentaire dans la lutte contre le réchauffement climatique compromettrait la chance déjà très mince d’un « avenir vivable » pour l’humanité, affirment les experts. Au stade où se trouve l’humanité, il faudra agir sur deux fronts : réduire coûte que coûte les émissions de gaz à effet de serre, d’une part, et se préparer aux futures catastrophes, lesquelles risquent d’être de plus en plus intenses, d’autre part.
Impacts irréversibles. Le réchauffement de la planète a déjà causé des impacts négatifs à large échelle dont certains, irréversibles. Le GIEC affirme alors que l’augmentation des phénomènes météorologiques extrêmes n’a pas manqué de causer des pertes irréparables, alors que les systèmes de la nature et de l’Homme sont poussés au-delà de leur capacité à s’adapter. Dans son dernier rapport, il affirme clairement que même un dépassement du seuil de +1,5°C de réchauffement par rapport à l’ère préindustrielle pourrait causer d’autres dommages irréversibles sur les écosystèmes fragiles tels les côtes et les pôles. Les dégâts causés par le changement climatique à la biodiversité vont causer la perte de 3 à 14% des espèces terrestres.
Troisième rapport en avril. Pour rappel, le GIEC est composé de trois groupes, traitant chacun d’un volet du rapport. Le premier, publié en août 2021, concerne la physique du climat. Le second groupe, dont le rapport a été publié, hier, aborde les questions d’écologie, de la vulnérabilité humaine face aux risques et de l’adaptation. Le troisième groupe, pour sa part, recherche des moyens d’atténuer le réchauffement climatique et ses conséquences. Ce troisième rapport devrait être publié en avril 2022.
Hanitra R.



