S’étant pourtant unis lors des manifestations des 11 candidats à la veille des élections de 2023, les liens entre le parti Tiako i Madagasikara (TIM) et le Malagasy Miara-Miainga (MMM) se sont progressivement dégradés. Un malaise qui s’est intensifié ces dernières semaines, à mesure que les enjeux politiques se précisent.

Les militants des deux formations, anciennement membres du Collectif des 11 candidats, échangent désormais des attaques de plus en plus acerbes. Si les leaders des deux partis s’abstiennent, pour le moment, d’envenimer cette guerre ouverte, des figures emblématiques du TIM et du MMM n’hésitent pas à s’engager dans des échanges particulièrement tendus. Parmi les plus virulents, le député d’Ambatondrazaka, qui accuse le MMM d’être derrière une campagne de dénigrement à l’égard du Tiako i Madagasikara. Une accusation que le Bureau politique du MMM a rapidement rejetée, affirmant n’avoir aucun problème avec le TIM ni avec le député Fidèle Razara Pierre.
Monopoliser. Les reproches à l’encontre du parti d’Hajo Andrianainarivelo sont clairs : il est accusé de monopoliser les postes stratégiques au sein du gouvernement de la Refondation, au détriment du TIM. Certains vont jusqu’à affirmer que l’ancien ministre tire les ficelles à la Primature. Pour sa part, Hajo Andrianainarivelo considère ces attaques comme une offense envers les autorités de la Refondation. De son côté, le Bureau politique du MMM rappelle que « le TIM et le MMM soutiennent le régime actuel », mais que les agissements du député d’Ambatondrazaka n’ont d’autre effet que de renforcer l’opposition.
Présidentielles
L’enjeu sous-jacent reste toutefois la préparation des élections présidentielles à venir. En prenant ses distances par rapport à la plateforme Firaisankina, le TIM semble avoir fait de la redynamisation de sa base une priorité. Marc Ravalomanana n’a d’ailleurs jamais caché son ambition de revenir à la tête du pays. Une manœuvre qui en fait un adversaire redoutable pour de nombreuses forces politiques. Fidèle Razara Pierre, quant à lui, ne cache pas son désaveu : « Le MMM ne peut rivaliser avec le TIM, qui dispose d’une base politique solide et reste la première force politique du pays ».
Conquête du pouvoir. Quoi qu’il en soit, cette tension croissante entre les deux partis met en lumière une réalité souvent négligée : bon nombre de partis malgaches, bien que structurés, n’ont ni une base solide ni une implantation territoriale suffisante pour aborder sereinement les échéances électorales. L’essence même d’un parti politique, rappellerons-nous, reste avant tout la conquête du pouvoir. En attendant, le TIM et le MMM continuent de se classer parmi les formations politiques les mieux implantées sur le territoire national.
Julien R.





Soyez vigilant monsieur le président de la Refondation Attention à ces partis politiques et leur leaders qui soutiennent la refondation pour que rien ne change