
Le double transfert de Rinah Rakotomanga et de son compagnon aurait-il fait l’objet d’intervention ou de pression quelque part ? Ou s’agit-il tout simplement d’une mesure d’humanisation de leurs conditions carcérales ?
LP refusée
Cela fait deux mois et trois semaines que Rinah Rakotomanga croupit en prison. Elle a été effectivement placée en détention préventive à Antanimora le 14 novembre 2025. La demande de liberté provisoire (LP) déposée par son avocate a été refusée le 23 novembre 2026. Elle devait même être auditionnée dans le cadre d’une nouvelle affaire le 24 janvier dernier.
Sort programmé
Force est de se demander si le sort de Rinah Rakotomanga n’a pas été scellé sinon programmé à l’avance avec comme première étape, son limogeage du poste de Conseillère d’Ambassade auprès de l’Ambassade de Madagascar en République Populaire de Chine par arrêté de la ministre des Affaires Etrangères, Christine Razanamahasoa en date du 04 novembre 2025. Soit 6 jours avant son arrestation à Antetezambaro dans le District de Toamasina II par des éléments des forces de l’ordre dépêchés spécialement sur place.
Aucun traitement spécial
L’ancienne Directrice de la Communication à Iavoloha et ex-Conseillère d’Ambassade à Beijing a été placée dans le quartier du commun des détenues. Aucun traitement spécial, au nom dit-on de l’égalité de traitement des prisonnières, même s’il y a eu des dérogations avec d’ex-illustres pensionnaires d’Antanimora pour ne citer que Claudine Razaimamonjy qui n’aurait pas encore purgé entièrement sa peine. En tout cas, elle ne pouvait bénéficier d’une remise de peines qui exclut de son champ d’application les infractions pour lesquelles l’ancienne conseillère de Hery Rajaonarimampianina a été condamnée.
Egalité devant la loi
Même topo pour Raïssa Razaivola qui a eu droit à un traitement de faveur à Antanimora tel qu’il a été constaté lors d’une descente inopinée du ministre de la Justice sortant, Benjamin Alexis Rakotomandimby. Sa successeure Fanirisoa Ernaivo a sommé les détenus sorti(e)s illégalement dans le maelström du « tolona » de réintégrer leurs lieux de détention respectifs, pour faire respecter « l’égalité de tous devant la loi ». C’était au lendemain de l’apparition publique de Raïssa Razaivola aux côtés du ministre de la Communication et de la Culture qui s’est fait son avocat, à l’occasion de l’inauguration d’une route en pavé de 1,6 km à Fenoarivo.
Bas quartiers
Une « plaidoirie » ex-cathedra qui n’a pas été visiblement suivie par la Justice pour qui l’intéressée reste et demeure une détenue, en attendant son procès ou une éventuelle LP. En tout cas, Raïssa Razaivola bénéficie de la présomption d’innocence comme Rinah Rakotomanga quand bien même elles auraient l’une et l’autre, fait l’objet d’une détention préventive qui doit être l’exception et non la règle. La seule différence entre les deux détenues est que la première avait son quartier à elle à Antanimora tandis que l’autre se trouvait en quelque sorte dans les « bas quartiers ». Et ce, avant d’être transférée avant-hier à la prison pour femmes à Manjakandriana où les conditions carcérales sont moins dures pour ne pas dire meilleures car une prison reste toujours une prison. S’agissant d’une mesure privative de liberté. A Antanimora comme à Manjakandriana. Ou encore à la prison de haute sécurité d’Imerintsiatosika où a été transféré avant-hier le compagnon de Rinah Rakotomanga. Deux détenus unis pour le meilleur et pour le pire.
R.O


