Madagascar accueille aujourd’hui quatorze établissements bancaires répertoriés ; la concurrence s’annonce rude dans un pays où le taux de bancarisation est l’un des plus faibles d’Afrique.

Une situation qui joue plutôt en faveur des usagers, en termes d’amélioration des produits et services, puisque les derniers arrivants sont contraints d’innover et de sortir des sentiers battus pour percer.
Potentiel de croissance
Les dernières statistiques indiquent que seuls 18 % des adultes ont accès à un service bancaire à Madagascar. Il s’agit de l’un des taux de bancarisation les plus bas au monde, voire en Afrique. Par ailleurs, les services, souvent concentrés dans les grands centres urbains, demeurent inaccessibles pour la majorité de la population se trouvant en milieu rural. Pour certains économistes, cette situation présente aussi des avantages. En effet, cela signifie également que le potentiel de croissance est énorme pour les banques, pour peu qu’elles innovent et fassent preuve d’un certain volontarisme. Ce potentiel est certainement la raison pour laquelle des banques africaines s’installent les unes après les autres, alors que leurs homologues occidentales semblent préférer partir. Ainsi, la BGFI a inauguré cette nouvelle tendance, suivie par AFG Bank, tandis qu’un autre établissement est annoncé.
Mobile banking
En somme, le secteur bancaire est confronté à une concurrence bien plus forte qu’on ne le croit. Le mobile banking en est un exemple et connaît une percée fulgurante en quelques années seulement, portée par les opérateurs téléphoniques qui ont profité du boom de l’accès au réseau mobile. En 2023, la valeur des transactions en mobile money s’est élevée à 38 161 milliards d’ariary, preuve d’un dynamisme certain qui ne cesse de croître d’année en année. Mais les banques, entre elles aussi, au nombre de quatorze établissements, se livrent à une concurrence intense, et les nouveaux venus sont amenés à innover pour se faire une place. Outre les nouveaux services issus de la digitalisation ou d’une expansion géographique accrue visant à rattraper ou dépasser leurs concurrentes, ces nouveaux entrants innovent également par des offres institutionnelles.
Rachat de créances
Ainsi, certaines banques proposent aux entreprises, publiques comme privées, des solutions de liquidité à travers le rachat de créances. Ces mécanismes permettent aux entreprises de se donner de nouvelles perspectives dans la gestion de leur trésorerie. Si l’offre en soi n’a rien de nouveau et est pratiquée communément sous d’autres cieux, c’est la première fois qu’elle fait son entrée sur le marché local. Par ailleurs, des banques explorent également des offres spécifiques pour des secteurs d’activité à fort potentiel comme les mines ou la pharmacie. De toute évidence, ces nouveaux produits bancaires témoignent d’un mouvement d’innovation dans le secteur bancaire.
R.Edmond




