
Trois mois et une semaine après la décision du 14 octobre 2025 par laquelle tout est arrivé, tous les regards se tournent de nouveau vers la HCC.
Retour de bâton. Le président de la Haute Cour constitutionnelle risque de l’apprendre à ses dépens, un mois, enfin presque, après avoir « démissionné » les trois membres nommés par l’ancien président de la République élu. Florent Rakotoarisoa, car il est question de lui, avait avisé le président de la Refondation de la démission du trio de hauts conseillers, qui s’est inscrit en faux contre la lettre y afférente. La requête commune qu’ils ont déposée est restée lettre morte, puisque leurs trois remplaçants ont été aussitôt nommés et installés dans leurs fonctions, après avoir prêté serment au cours d’une audience solennelle qui a eu lieu en fin de journée, pour ne pas dire dans la soirée.
Siège éjectable. Dans l’une de nos précédentes éditions, nous avions fait remarquer que « le président de la HCC est sur un siège éjectable ». Un groupe de hauts conseillers aurait tenté de l’actionner avant-hier et prévu de le finaliser le lendemain, mais ils se sont heurtés à une porte close hier. L’accès dans l’enceinte de la haute juridiction était strictement interdit. Sur instruction, probablement, du président, qui « veille à la sécurité intérieure et extérieure de la Haute Cour constitutionnelle. Il peut, à cet effet, requérir la force publique et toutes les autorités dont il juge le concours nécessaire ». On est en droit – au propre comme au figuré – de (se) demander si ces dispositions de l’article 26 de la loi organique relative à la HCC peuvent encore être mises en branle par l’intéressé, dont le siège est plus ou moins vacillant.
Présidentielle 2028
On saura aujourd’hui si le portail de la HCC est toujours fermé. En tout cas, des pourparlers auraient eu lieu hier pour mettre fin à cette situation confuse concernant le poste de président de la HCC, dont « le mandat est de 7 ans non renouvelable». Comme celui de tous les membres, même si cela n’a pas empêché trois d’entre eux d’être « démissionnés » à deux ans de la fin de leur mandat constitutionnel. Selon l’article 15 du règlement intérieur de la HCC, « En cas de vacance de la présidence de la HCC, par démission, décès ou toute autre cause, la Haute Cour (…) élit un nouveau président dans le mois qui suit l’événement intervenu. Le nouveau président mène jusqu’à son terme le mandat de son prédécesseur ». Soit jusqu’en 2028, pour ne pas dire jusqu’aux prochaines élections présidentielles prévues dans deux ans, selon le calendrier de la Refondation. Ceci expliquant le maintien ou le remplacement de Florent Rakotoarisoa au poste de président de la HCC. Reste à attendre si la motion de destitution va se heurter ou pas à la formule habituelle « azo raisina fa tsy mitombina ».
R.O


