
Rien que pour Sainte-Marie, la pêche illégale de concombres de mer a créé un marché estimé à 14,4 milliards d’Ariary. D’après nos sources, cette exploitation est initiée par un réseau chinois, en partenariat avec de hautes personnalités.
La pêche illégale d’holothuries se pratique dans plusieurs sites sur les côtes de Madagascar. En effet, il s’agit d’un business qui rapporte gros. Dans la Capitale, le prix du kilo de ce produit de la mer est à 360 000 Ariary, une fois séché. Et pourtant, rien qu’à Sainte-Marie, 40 tonnes ont été illégalement pêchées en six mois, avec l’utilisation de 500 bouteilles de plongée, d’après nos sources infiltrées auprès d’un réseau chinois spécialisé dans le trafic illicite de ressources naturelles. « Les commandes viennent de grands opérateurs. Les collecteurs qui disposent de permis de collecte paient les plongeurs et leurs fournissent des matériels comme des bouteilles de plongée, des bateaux de pêche, etc. Ces plongeurs sont généralement des salariés. A Sainte-Marie, on gagne moins : environ 300 000 Ariary pour un collecteur en un jour. Et pourtant dans d’autres zones, on gagne jusqu’à 800 000 Ariary. De plus, les habitants de Sainte-Marie ont riposté, malgré la mobilisation économique que la ruée a apportée à l’île. Cependant, deux opérateurs métis chinois intouchables n’abandonneront pas le site. Ils possèdent quelque part deux grands bateaux de 50m et de 100m de long. Leurs productions sont certainement envoyées à l’export », nous confie une source auprès du réseau trafiquant. A noter que les braconniers ne passent pas par le port de Sainte-Marie, mais se dirigent directement vers les zones de pêche. Face à cette situation, l’APMF (Agence portuaire maritime et fluviale) a renforcé son équipe. Les contrôles seront désormais renforcés, selon Mampionona Ramanantoanina, représentant de l’agence à Sainte-Marie.