La transition énergétique est plus que jamais partie. Le Volobe Amont enclenche la vitesse supérieure.

Elle est centenaire. Mais elle est encore là. Vue du dehors la centrale hydroélectrique de Volobe 1 de la JIRAMA, donne l’impression d’un vieux bâtiment usé par les temps. Mais dans ses entrailles, cette centrale inaugurée en 1931 développe encore grâce à ses turbines et alternateurs de la marque française Alstom, une puissance installée de 6 MW qui donnent, en partie, la lumière à la population tamatavienne. « Volobe 1 fournit 20% des besoins du réseau électrique de Tamatave », confie fièrement Hajanirina Ramahazosoa, chef de département hydraulique au sein de la Jirama. Du haut de ses 28 ans de métier au sein de la compagnie nationale d’électricité, il ne cache pas sa joie d’appartenir à l’équipe qui fait encore tourner cette usine que le temps n’a pas réussi à user. « L’avantage pour une centrale hydroélectrique, c’est qu’il s’agit d’une machine qui, une fois qu’elle est bien entretenue, peut durer très longtemps », explique ce technicien expérimenté de la Jirama, en ajoutant qu’il faut surtout bien huiler la machine pour qu’elle dure encore 100 ans.

Avenir prometteur. Et si la fin des temps glorieux de la première centrale de Volobe n’est pas encore pour demain, l’avenir est encore plus prometteur. Un peu plus en amont se trouve en effet, ce que l’on peut considérer comme l’un des plus grands projets énergétiques de l’histoire du pays. L’aménagement hydroélectrique de Volobe Amont est considéré à juste titre comme le coup d’accélérateur de la marche de Madagascar vers la transition énergétique. Avec les avantages que le pays en récoltera. A commencer par la région Atsinanana qui en est le premier bénéficiaire. « Nous sommes heureux d’accueillir ce projet qui apportera des solutions aux problèmes liés au délestage », explique le Gouverneur de la région Atsinanana Rakotovao Andry « Ce sera également une des solutions pour réduire le chômage », ajoute-t-il en souhaitant que les promoteurs du projet priorisent les jeunes issus de la région Atsinanana dans leur processus de recrutement. S’adressant aux jeunes, il leur a donné des conseils quant à la nécessité de se préparer pour répondre aux besoins des entreprises qui seront en charge du projet.

Exemple concret. Un projet dont le démarrage effectif est imminent. La visite réalisée ces deux jours par les ambassadeurs respectifs de l’Union européenne et de la France sur le site de Volobe témoigne de cette imminence des travaux. La délégation conduite par Roland Kobia et Arnaud Guillois, n’ont pas hésité à faire le trajet aller-retour du site du futur barrage hydroélectrique de Volobe, pour rencontrer les communautés locales, considérées comme prioritaires dans la réalisation du projet. Une mission qui témoigne de la volonté de l’équipe Europe à appuyer ce projet de développement. « Ce projet est un exemple concret de la volonté de l’Europe, avec la France et d’autres partenaires comme la Banque Africaine de Développement de s’engager pour faire face aux problèmes de l’électrification à Madagascar », a déclaré l’ambassadeur de l’UE, Roland Kobia. « On vient ensemble pour montrer que l’Europe travaille d’une manière conjointe, et en partenariat avec le secteur privé », annonce, pour sa part l’ambassadeur de France. Pour Remy Huber, le directeur général de la Compagnie générale d’hydroélectricité de Volobe (CGHV), « ce projet est la traduction concrète du partenariat public privé et constitue le modèle que l’on doit suivre dans le domaine de l’électricité pour développer le pays ». Un projet qui met en priorité les communautés locales.

Nombreux avantages. Bienvenu Razafindrasambany, maire Ambodilazana, commune d’implantation de la centrale de Volobe témoigne : « On a déjà eu des discussions et des séances de travail avec les autorités et les responsables du projet. Ce qui est sûr c’est que la population locale bénéficiera de nombreux avantages aussi bien en termes d’amélioration du niveau de vie qu’en matière de santé publique », déclare le maire de cette commune qui compte 22 000 habitants. Une mère de famille épicière à Andrengarenga bac, un hameau d’une soixantaine d’habitants et dans lequel se trouve actuellement le bac de passage vers le site voit déjà un avenir meilleur. « D’après ce qu’on nous a dit, il y a un projet de création d’un pont non loin d’ici, comme je dispose d’un terrain à proximité de ce projet, je compte y déplacer mon commerce », annonce-t-elle. Un projet qui a toutes les chances de se réaliser bientôt avec l’annonce du début des travaux de construction. « On va procéder au recrutement des entreprises qui seront en charge des travaux et finaliser le financement pour un début de construction en 2026 et une opérationnalisation en 2030 », annonce le DG de la CGHV, Remy Huber. Le compte à rebours peut commencer.
R.Edmond