Le cas des trois individus brûlés vifs à Sahanivotry, dans le district d’Antsirabe II, pour avoir (a-t-il été indiqué) « éventré une femme enceinte pour prendre le fœtus et en extraire les yeux », est une illustration de plus, d’une part, du ras-le-bol de la population face aux faits d’insécurité, et, d’autre part, du danger que représentent les faits de délation sans preuves ni prise en main du dossier par la justice, en laquelle elle n’a d’ailleurs plus foi.
Une confiance à regagner
Car les informations ont évolué depuis. D’après les déclarations du procureur d’Antsirabe, après l’enquête menée sur les lieux du drame et une exhumation du corps de la femme victime de meurtre, annoncée comme enceinte, celle-ci semble ne pas l’avoir été, selon les médecins qui ont examiné le corps. Aucun fœtus n’a non plus été retrouvé. L’enquête suit son cours. Des témoignages d’éventuels témoins sont sollicités par les autorités policières et judiciaires. À ce stade, la véracité de l’information sur cet acte abominable attribué aux trois individus brûlés vifs n’est pas encore clairement établie. Il en est de même pour la version contraire, selon laquelle cette femme a bel et bien été enceinte, le fœtus ayant été extrait de son ventre, mais reste à ce jour introuvable.
Quoi qu’il en soit, quatre personnes – et éventuellement un bébé à naître, bien que son existence reste encore confuse – sont décédées dans cette affaire. Un triste exemple parmi de nombreux autres faits de vindicte populaire et autres mises à mort en dehors de tout cadre légal, perpétrés par des foules en colère face aux trop nombreux faits de corruption observés au niveau de la justice. Bien que de tels actes soient répréhensibles, et en dépit des cas de condamnations d’auteurs d’actes similaires, il est à craindre que de telles atrocités ne se répètent tant que la confiance du peuple en la justice n’est pas pleinement rétablie. Pour le moment, il y a encore loin de la coupe aux lèvres.
Hanitra R.


