Actuellement, l’Union européenne est la première cliente de Madagascar, dont la balance
commerciale avec l’Europe est excédentaire. C’est ce qui ressort d’une dernière publication de l’Union Européenne à Madagascar. « Les exportations de produits malgaches,
essentiellement agricoles et textiles vers l’Europe atteignent 952,12 millions d’Euros, tandis
que les importations en provenance de l’Union s’élèvent à 646,13 millions d’Euros » En somme, il s’agit d’un partenariat favorable pour la Grande Ile. D’où l’importance de l’accord de partenariat économique complet qui sera mis en vigueur entre l’Union européenne et les 5 pays d’Afrique Orientale et Australe (AFOA) comprenant les Comores, Madagascar, Maurice, les Seychelles et le Zimbabwe. L’accord UR-AfoA est en vigueur depuis maintenant six ans pour le cas de Madagascar. Compte tenu de la portée restreinte de l’APE intérimaire, les cinq pays de la zone AfoA se sont déclarés prêts à étendre le champ d’application de l’Accord vers un partenariat plus complet couvrant à la fois le commerce des biens et les domaines liés au commerce, comme par exemple les services, l’investissement et le développement durable. Grâce à l’APE, la Grande Ile escompte un renforcement de capacités à satisfaire aux exigences du marché de l’UE, l’augmentation de son offre sur le marché européen, ainsi que la facilitation des règles d’origine pour les exportations vers l’UE.
Feuille de route
En tant que principal partenaire commercial des cinq pays de l’ESA, l’UE est le plus grand
marché d’exportation de l’Afrique. Un accord global stimulerait les flux bilatéraux de
commerce et d’investissement, améliorerait l’environnement des entreprises et des
investissements et stimulerait leurs économies, par exemple en diversifiant leurs exportations
vers l’UE. Le processus soutiendrait également la mise en œuvre de l’Alliance Afrique-Europe pour l’investissement durable et l’emploi, lancée en septembre 2018. De plus, il favoriserait
l’intégration économique régionale, par exemple en développant les chaînes de valeur
régionales et l’intégration à l’échelle du continent en favorisant leur préparation, en tant que
membre de l’Union africaine, à la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale. C’est la première fois, en tout cas que l’approfondissement d’un APE est entrepris, à la demande des pays qui mettent déjà en œuvre l’Accord, et c’est donc un moment historique pour Madagascar. Les négociations ont été lancées le 02 octobre 2019 à Maurice par la signature d’un
communiqué conjoint et de la feuille de route des négociations techniques. Une démarche qui
s’aligne à la nouvelle politique générale du pays, orientée vers l’industrialisation et les chaînes
de valeurs. En effet, l’UE étant son principal marché d’exportation, Madagascar réitère son
engagement dans les négociations d’un APE complet, en insistant sur la nécessité désormais
d’un accord réciproquement avantageux et adapté aux niveaux de développement différenciés.
R.Edmond.


