Le développement du tourisme affecte inévitablement la culture de la communauté Antakarana et Sakalava des communes rurales. L’ampleur de ces changements dépend d’une série de facteurs. Le plus important d’entre eux est la perméabilité culturelle de ces deux communautés et la façon dont la population s’efforce de satisfaire les besoins et attentes des touristes sans sacrifier ses propres traditions et valeurs. Il s’agit là d’un domaine particulièrement délicat à analyser où s’entremêlent des preuves contradictoires. Comme c’est le cas pour la plupart des changements sociaux, la détérioration ne se produit pas du jour au lendemain mais elle se fait tout au long d’une période très longue. Le changement peut provenir non seulement de l’effet de démonstration sociale, qui consiste par exemple à imiter ce que font, portent, et mangent les visiteurs, mais aussi de divers facteurs économiques. L’emploi des femmes dans le tourisme, qui est généralement considéré comme un facteur de libération, en est un exemple ; mais à l’inverse, on peut aussi le voir comme la cause de l’ébranlement des structures et des valeurs familiales traditionnelles.
Par ailleurs, lorsque le tourisme est le principal agent de développement, il convient de s’efforcer de limiter la propagation des impacts négatifs. Il existe de nombreux exemples à ce niveau, à savoir : l’artisanat de mauvaise qualité, les pratiques commerciales non éthiques, les fausses antiquités pour n’en citer que quelques-uns. Dans cette optique, la communauté internationale a protesté contre la détérioration des fêtes et manifestations culturelles de danse et de musique. Il faut tenir compte du fait que la plupart des touristes n’ont ni le temps, ni le goût d’apprécier de longues manifestations folkloriques. Cela n’est pas forcément synonyme de détérioration culturelle si l’on décide par exemple de leur présenter un extrait authentique d’une longue représentation. Par contre, on peut parler de détérioration culturelle dans ces communes puisque les sites et monuments historiques de ces deux communautés ne sont pas protégés bien qu’il s’agisse de leur habitat naturel.
Recueillis par Iss Heridiny



