
Le premier grand test populaire pour le régime de la Refondation a été franchi haut la main hier au stade Mahamasina. Placé sous le signe de la cohésion nationale, le 66e anniversaire de l’Indépendance et de la création des Forces armées a drainé une foule immense, scellant un moment de communion nationale malgré une météo maussade.
Le régime de la Refondation, installé depuis octobre 2025, allait-il réussir le pari de la mobilisation et de l’organisation pour son premier 26 juin ? La question alimentait les discussions de salon et les états-majors politiques depuis des semaines. Verdict : le stade Mahamasina a fait carton plein. Dès l’aube, une marée humaine s’est ruée vers les gradins, laissant des milliers de déçus aux portes du stade, faute de places disponibles. Une ferveur populaire qui démontre l’intérêt intact des Tananariviens pour la fête nationale. L’autre fait marquant de cette journée réside dans la tribune officielle. La célébration a véritablement été placée sous le sceau de l’unité. La présence remarquée d’acteurs politiques de tous bords, de chefs d’églises, de leaders de la société civile et de représentants des partenaires internationaux a conféré à l’événement une forte dimension de réconciliation nationale.
Baptême du feu
Le rituel républicain a débuté à 10h30 précises après le retentissement solennel des traditionnels 21 coups de canon depuis les hauteurs d’Anatirova, faisant vibrer la cuvette de Mahamasina. C’est le général de brigade Heritiana Daniel Rakotoarimanana, chef d’état-major de l’Armée de terre, qui a assuré le commandement des troupes. Pour son baptême du feu en tant que chef suprême des Armées et chef de l’État, le colonel Michaël Randrianirina a passé les troupes en revue. Le défilé militaire a mobilisé quelque 3 800 éléments issus des différents corps des forces de défense et de sécurité. Au-delà du pas cadencé impeccable, l’attraction majeure de cette édition 2026 réside dans la présentation de nouveaux équipements de pointe et de matériels tactiques fraîchement acquis. Ces acquisitions, fruits d’une coopération bilatérale renforcée avec des partenaires stratégiques de la Grande île, illustrent la volonté du pouvoir de moderniser la sécurisation du territoire, notamment dans la lutte contre l’insécurité rurale.
Fierté identitaire
La seconde partie de la matinée a fait place à la fraîcheur de la jeunesse. Des centaines de lycéens et de membres d’associations de la capitale ont investi la pelouse pour un spectacle chorégraphique dynamique, retraçant l’histoire de la nation et célébrant la diversité culturelle des six provinces. Sur le plan culturel, la consigne présidentielle a été largement suivie. En tribune comme dans les virages, le public a massivement arboré le « lambahoany », les tenues traditionnelles des régions ou des accessoires aux couleurs nationales (blanc, rouge, vert). En choisissant de troquer les costumes occidentaux contre des vêtements typiquement malgaches, le colonel Michaël Randrianirina a imprimé une marque de fierté identitaire qui fera date. Reste désormais au régime à transformer cet essai de communion populaire en victoires socio-économiques concrètes pour les mois à venir.
Julien R.





