
Le refus des transporteurs de la gare routière Fasan’ny Karana d’investir la nouvelle gare routière Fisandratana à Amoronakona illustre, une fois de plus, la difficulté chronique de réorganiser le réseau des transports de voyageurs à Antananarivo sans provoquer de tensions sociales.
Culture de la médiocrité
Les chauffeurs et la majorité des coopératives de transport refusent catégoriquement leur transfert vers la nouvelle gare routière, estimant que cette décision menace directement leurs revenus et bouleverse leurs habitudes de travail. Pour les transporteurs, la gare routière Fasan’ny Karana bénéficie d’un flux constant de voyageurs, de commerçants et de clients occasionnels. Rejoindre la gare routière Fisandratana reviendrait à s’éloigner des passagers et à perdre une partie importante de leur chiffre d’affaires.
Le refus des transporteurs de la gare routière Fasan’ny Karana d’investir la nouvelle gare routière Fisandratana à Amoronakona illustre, une fois de plus, la difficulté chronique d
Or, l’état d’insalubrité et le climat d’insécurité au Fasan’ny Karana ont longtemps fait la « mauvaise » réputation de ce site. Les lieux baignent dans des eaux boueuses en période de pluies et se retrouvent sous des nuages de poussière par temps sec et venteux. Les usagers, eux, sont constamment les proies des voleurs à la tire et autres détrousseurs. Mais, visiblement, il y a bel et bien des personnes qui ont à y gagner en maintenant les choses telles qu’elles sont. Rapidement, elles sont descendues en flammes un peu partout, sur les réseaux sociaux comme sur les autres plateformes d’expression des citoyens : préférer un site boueux, nauséabond et infesté de rats à un site flambant neuf, prêt à l’emploi et beaucoup plus sécurisé, bien que plus éloigné, revient à entretenir une culture de la médiocrité, dont les victimes restent toujours les usagers.
Hanitra R.


