
La question des îles malgaches Glorieuses, Juan de Nova, Europa et Bassas da India sera de nouveau inscrite dans les travaux de l’Assemblée générale des Nations Unies.
Le dossier sur les îles Éparses figure au point 57 de l’ordre du jour provisoire de la 81ᵉ session, dans la rubrique consacrée au maintien de la paix et de la sécurité internationales. L’ordre du jour provisoire a été établi le 10 juillet 2026 et le site officiel de l’ONU le répertorie parmi les documents de la 81ᵉ session. Pour Madagascar, cette inscription maintient le dossier des îles malgaches dans l’agenda diplomatique multilatéral. Il s’agit des Glorieuses, de Juan de Nova, d’Europa et de Bassas da India, quatre territoires situés dans l’océan Indien, occupés par la France et revendiqués par Madagascar.
La présence de cette question à l’ordre du jour de l’Assemblée générale n’est pas nouvelle. Le dossier avait été inscrit à la demande de Madagascar et a continué d’être maintenu au fil des sessions. Lors de la 80ᵉ session, l’Assemblée générale avait déjà décidé de reporter son examen à la 81ᵉ session. Cette continuité donne au dossier une dimension particulière. Même lorsqu’il n’est pas au centre des débats internationaux, le différend demeure officiellement répertorié dans les travaux de l’ONU. Les archives des Nations Unies montrent d’ailleurs que la question des quatre îles malgaches a été régulièrement inscrite à l’ordre du jour au cours des décennies précédentes. La question remonte aux premières années de l’indépendance de Madagascar. Dans un document onusien datant de 1960, l’Assemblée générale avait notamment adopté une position demandant que ces îles soient considérées comme faisant partie du territoire national malgache et appelant à la poursuite des négociations avec la France.
La 81ᵉ session intervient dans un contexte particulier pour la diplomatie malgache. La représentation permanente de Madagascar auprès des Nations Unies à New York, dirigée par l’ambassadrice Lanto Rahajarizafy, aura, en l’occurrence, la responsabilité de défendre les positions malgaches dans le cadre des travaux onusiens. Le dossier des îles pourrait ainsi constituer l’un des sujets sensibles de la présence malgache à New York, alors que la délégation du pays sera conduite par Michaël Randrianirina, qui doit participer pour la première fois à l’Assemblée générale des Nations Unies. Cette participation constituera également son premier déplacement officiel aux États-Unis. Sa prise de parole est attendue durant la semaine du débat général. Certaines sources avancent la date du 25 septembre pour son passage à la tribune de l’Assemblée générale. Le débat général de la 81ᵉ session se déroule officiellement du 22 au 26 septembre, puis le 28 septembre 2026.
Refondation
Le contexte international donne une portée particulière à cette présence. La semaine de haut niveau de l’ONU réunit traditionnellement les chefs d’État, de gouvernement et les hauts représentants des États membres autour des principaux enjeux internationaux. Pour Madagascar, New York constituera donc à la fois une tribune diplomatique et un espace pour rappeler ses positions sur les dossiers qui concernent directement ses intérêts nationaux. Une occasion également, pour le chef de l’État, de défendre devant ses collègues internationaux la cause de la « refondation » à Madagascar.
La question des îles malgaches ne sera pas le seul dossier concernant l’Afrique ou l’océan Indien à apparaître dans cette partie de l’ordre du jour. La question de l’île comorienne de Mayotte figure également parmi les sujets inscrits, tout comme celle relative à l’agression armée contre la République démocratique du Congo. Ces différents dossiers renvoient à des problématiques distinctes, mais se retrouvent dans une même séquence consacrée au maintien de la paix et de la sécurité internationales. Reste à savoir si la délégation malgache saisira la 81ᵉ session, qui lui offre ainsi une occasion de faire entendre sa position sur les quatre îles. Leur maintien dans l’agenda de l’Assemblée générale signifie surtout que le dossier demeure officiellement ouvert dans le cadre onusien.
Rija R.


