
Les Administrateurs des Services Financiers (ASF) veulent davantage de techniciens aux postes clés de l’administration financière.
Une revendication qui remet au centre du débat la place de l’expertise dans la gestion des deniers publics. Le Syndicat des Administrateurs des Services Financiers (SAASF) a présenté sa position lors d’un point de presse tenu hier au Pavé Antaninarenina, tout en annonçant la tenue de son Assemblée générale le 1er octobre prochain. « Le corps des ASF est le seul corps spécialement formé à l’ENAM pour gérer et exécuter la loi de finances. C’est notre cœur de métier », rappelle Victor Randrianasolo, membre du bureau du SAASF. Une manière de souligner que la formation et l’expérience des techniciens devraient peser davantage dans l’attribution des postes à responsabilité. Il a fait remarquer que les considérations politiques prennent parfois le dessus sur l’expertise. « Même si certains d’entre nous occupent des postes, leur nombre reste très inférieur à ce qu’il devrait être », déplore-t-il. Pour le SAASF, la question ne se limite donc pas aux nominations. Elle concerne aussi la place accordée aux compétences techniques dans la conduite des finances publiques. La compétence, l’éthique et la déontologie doivent, selon le syndicat, constituer des critères essentiels dans les choix opérés par l’administration.
Assises nationales
Le SAASF ne compte pas en rester à cette prise de position. Son Assemblée générale, prévue le 1er octobre prochain, doit préparer les Assises nationales du corps et permettre de dégager une feuille de route commune. La décentralisation budgétaire figurera parmi les sujets abordés. Le syndicat souhaite une meilleure répartition des ressources au niveau territorial, afin que les dépenses publiques répondent davantage aux besoins de la population. Dans les débats sur la forme de l’État, les ASF comptent apporter leur expertise sur les questions de viabilité financière. Le SAASF se félicite des récentes nominations de cadres issus du corps des ASF et salue la collaboration avec les autres corps de l’administration, dont les inspecteurs des impôts. Mais, pour le syndicat, ces avancées ne sauraient suffire. L’expertise technique doit trouver sa place pour la dépolitisation des postes clés de la gestion financière de l’État.
Nadia R.




