
Le directeur général de l’Aviation civile de Madagascar (ACM) demande l’ouverture d’une enquête parlementaire sur l’affaire des cinq Boeing 777 retrouvés en Iran. L’affaire des cinq Boeing 777 continue de faire réagir le directeur général de l’ACM, Alban Rakotoarisoa, neuf mois après sa prise de fonction à la tête de l’organisme. Le patron de l’ACM sort de sa réserve pour demander une enquête parlementaire sur cette affaire. Il a saisi l’Assemblée nationale et remis un dossier de 700 pages à la représentation nationale. Pour Alban Rakotoarisoa, cette démarche doit permettre de faire toute la lumière sur les circonstances dans lesquelles les cinq Boeing 777, qui devaient faire l’objet d’une opération de maintenance pour le compte d’une compagnie opérant à Madagascar, se sont retrouvés en Iran. L’affaire prend également une tournure judiciaire avec sa transmission au Pôle anti-corruption (PAC). Elle est suivie de près par l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI). Lors d’une conférence de l’OACI au Maroc, en avril dernier, Alban Rakotoarisoa avait été interpellé sur cette affaire. « C’est une honte pour le pays et pour notre aviation civile. Si la vérité n’est pas établie rapidement, Madagascar s’expose à un problème grave de sécurité (« Grave Safety Concern ») pouvant aller jusqu’à la fermeture pure et simple de l’ACM par les instances internationales », avait-il déclaré.
60 inspecteurs
L’origine du dossier repose, selon le directeur général de l’ACM, sur la production de certificats d’immatriculation et de navigabilité frauduleux. Un inspecteur de l’ACM affirme également que sa signature aurait été imitée. Cette situation n’est pas sans conséquence sur le fonctionnement de l’organisme. L’ACM compte entre 50 et 60 inspecteurs intervenant dans différents domaines, notamment les licences de vol, la navigabilité, les opérations techniques, le juridique et les marchandises dangereuses. « L’absence de vérité nuit gravement à ma gestion. Une atmosphère de suspicion s’est installée entre les inspecteurs, paralysant la chaîne de travail. C’est pour cette raison que j’ai rassemblé ces 700 pages de documents pour les remettre à la représentation nationale », explique Alban Rakotoarisoa.
Vol illégal. La demande de l’ACM a été reçue par le président de la Commission transport et météorologie de l’Assemblée nationale, le député Velomanana Razafitsiala. Sur le plan juridique, Alban Rakotoarisoa tient à préciser que l’enquête parlementaire ne vient pas entraver la procédure engagée devant le PAC. « L’enquête parlementaire n’empiète pas sur la procédure du PAC. Mais les députés ont le pouvoir d’auditionner et de faire la lumière », soutient-il. Le directeur général de l’ACM s’interroge également sur l’existence d’autres personnes impliquées dans cette affaire. « Pensez-vous sincèrement que deux personnes seulement auraient pu orchestrer le vol illégal de cinq Boeing 777 ? Il ne s’agit pas de protéger les coupables, mais d’accélérer les procédures pour soulager les familles et rétablir la confiance », a-t-il affirmé.
Nadia R.


