Le procès très attendu concernant l’acheminement illicite de cinq Boeing 777 vers l’Iran a été renvoyé sine die par le Pôle anti-corruption (PAC). Aucune nouvelle date n’a pour l’instant été fixée, l’enquête étant loin d’avoir livré tous ses secrets. Cette décision fait suite à une requête expresse du parquet, qui a exigé un retour en arrière afin d’approfondir les investigations, à la suite de l’apparition d’éléments pour le moins explosifs. Comme l’a indiqué le PAC dans un communiqué publié hier, le doyen des juges d’instruction reprend l’affaire en main.
Experts américains
Aux anciennes procédures s’ajoute un arsenal de preuves renforcé : les plaintes fraîchement déposées par la nouvelle direction de l’ACM, les rapports très attendus du Bureau indépendant anti-corruption (Bianco), mais surtout une pièce maîtresse : un rapport d’expertise forensique signé par des experts américains. De quoi donner du fil à retordre aux trente-huit personnes poursuivies dans ce dossier XXL, parmi lesquelles figurent des pontes de la politique et des corps constitués, à l’instar de l’ancien ministre des Transports, Valéry Ramonjavelo, et de l’ancien président du Sénat, le général à la retraite Richard Ravalomanana.
Investigations complémentaires
Autre point brûlant soulevé par la partie civile : la requalification potentielle des faits en infraction criminelle. Sur ce terrain, le mystère reste entier. Au terme de ces investigations complémentaires, le juge d’instruction aura la lourde tâche de trancher entre le maintien du dossier en correctionnelle et un renvoi direct devant une juridiction criminelle. Pour rappel, cette affaire rocambolesque avait éclaté en juillet 2025, lorsque cinq gros porteurs avaient obtenu des sésames administratifs auprès de l’ACM pour s’envoler vers l’Iran, balayant d’un revers de main les sanctions internationales et américaines pesant sur la République islamique. Une saga judiciaire hors norme dont les prochains épisodes s’annoncent sous haute tension.
Julien R.



