La ministre de la Justice nie en bloc toutes les accusations portées à son encontre.
La réponse du berger à la bergère
La riposte ne s’est pas fait attendre. Quelques heures seulement après la sortie de la vidéo du Secrétaire général du Syndicat de l’Administration pénitentiaire l’accusant d’avoir donné l’ordre de libérer les 11 prisonniers chinois qui ont été incarcérés à la prison d’Avaradrano, la ministre Fanirisoa Ernaivo a organisé une conférence de presse à l’aéroport d’Ivato pour apporter sa version des faits alors qu’elle venait de rentrer au pays après un voyage à l’Île Maurice. Sans surprise, la Garde des Sceaux nie en bloc toutes les accusations portées à son encontre. « Inona aky ny idirako ». C’est en cette expression très populaire en ce moment, que la ministre a rétorqué. Elle affirme par ailleurs qu’en cas de besoin, elle est disposée à être entendue afin d’apporter toutes les preuves qui sont en sa possession. « Je n’ai rien à voir avec cette affaire », a-t-elle martelé. D’après la ministre, cet agent pénitentiaire tente de se justifier car il est conscient d’avoir commis une faute très grave et très flagrante. En réponse aux accusations portées par celui-ci, le numéro Un de la Justice d’annoncer que c’est aberrant de croire qu’un ministre donne des instructions à un SG de syndicat qui n’occupe aucune fonction ni aucune responsabilité au sein du Ministère et au niveau du département de la Justice.
Sorties illégales
Face à la presse, la Garde des Sceaux est allée direct et sans détour en affirmant que ce sont la Cheffe d’établissement de la prison d’Avaradrano et le Secrétaire général du Syndicat du personnel de l’Administration pénitentiaire Razafimberison Mohamed Myridin, qui sont les principaux responsables de l’évasion de 11 détenus chinois. D’ailleurs, à l’entendre, ce n’est pas la première fois que ces responsables organisent des sorties illégales de détenus. Faisant l’objet d’un avis de recherche, le SG du Syndicat des pénitentiaires aurait déjà réussi à quitter le pays et se trouverait à Dubaï depuis le 28 septembre. Hier, Fanirisoa Ernaivo a montré aux journalistes les documents prouvant que c’est Razafimberison Mohamed Myridin qui a signé les carnets de décharges ayant permis l’extraction des 11 prisonniers de la prison d’Antanimora. Ce membre du gouvernement dément aussi l’information selon laquelle elle aurait reçu dans son bureau à Faravohitra le SG du SPAPM le 17 août dernier. « Faux », soutient-elle. Et de faire savoir au passage qu’elle ne pouvait pas rejoindre son bureau ce jour-là car après avoir assisté à la levée de drapeau à la Cour Suprême, elle s’est rendue à la HJRA et à Ambohimalaza pour rencontrer les familles des victimes de l’affaire Ambohimalaza. Continuant sur ses explications, Fanirisoa Ernaivo d’expliquer qu’outre les caméras de surveillance qui se trouvent devant son bureau, tous ceux qui y entrent, y compris ses enfants, sont enregistrés dans une fiche de pointage, donc la véracité de ces allégations reste vérifiable.
Plainte
Faisant l’objet d’une véritable campagne de dénigrement, la ministre de la Justice entend porter plainte. Par ailleurs, selon ses dires, tous les complices ayant participé à cette évasion seront, eux-aussi, traqués et présentés devant la Justice pour répondre de leurs actes. Face aux propos du Secrétaire général du Syndicat des agents pénitentiaires qui a déclaré dans sa vidéo que les 11 prisonniers chinois ont déjà réussi à quitter Madagascar, Fanirisoa Ernaivo a confirmé, hier, que seuls 4 ont pu prendre la fuite à l’étranger. Quant aux 7 autres, ils sont encore au pays et se cachent peut-être dans les provinces. La ministre a cependant annoncé qu’elle ne sait pas comment ces 4 détenus chinois ont réussi à quitter le pays. « Peut-être à travers des réseaux de falsificateurs de visa et de documents de séjour que nous allons démanteler aussi », a-t-elle laissé entendre.
Davis R




