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mardi, septembre 15, 2026
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Affaire Sylvain Rabetsaroana : Amnesty International exige sa libération immédiate  

Accusé de complot, l’ancien sénateur et candidat à la présidentielle Sylvain Rabetsaroana est maintenu à Tsiafahy. Amnesty International dénonce une dérive autoritaire et exige sa libération immédiate. 

Deux mois après son incarcération à la maison de force de Tsiafahy, le cas de l’ancien sénateur et candidat à la présidentielle Sylvain Rabetsaroana prend une tournure internationale. Hier, l’organisation de défense des droits de l’Homme Amnesty International est montée au créneau. Elle appelle fermement les autorités malgaches à abandonner l’ensemble des charges pesant contre l’homme politique et réclame sa libération sans délai. Une sortie médiatique qui remet sous les projecteurs la situation politique tendue qui prévaut dans la Grande île.

Répression plus large

Pour rappel, Sylvain Rabetsaroana a été placé sous mandat de dépôt le 14 mars dernier. Selon les rapports d’Amnesty International, cette interpellation s’inscrit dans le cadre d’une « répression plus large » ciblant les figures de l’ancien régime, consécutivement aux événements du 14 octobre 2025. L’organisation qualifie cette arrestation d’arbitraire, décrivant une opération nocturne particulièrement musclée. L’ancien parlementaire aurait en effet été cueilli à l’aube à son domicile d’Antananarivo par un impressionnant dispositif composé de soldats armés et cagoulés, épaulés par des éléments de la gendarmerie et de la police nationale. 

Motifs graves

Le feuilleton judiciaire s’est ensuite durci. Resté au secret pendant deux semaines, sans connaître les motifs officiels de sa détention, Sylvain Rabetsaroana a finalement été inculpé pour des motifs graves : association de malfaiteurs, détention illégale d’armes à feu et tentative d’assassinat du chef de l’État. Des accusations balayées d’un revers de main par ses avocats. La défense crie au complot et soutient mordicus que l’arme à feu brandie par l’accusation aurait été purement et simplement « plantée » chez lui lors de la perquisition pour corser le dossier. 

Prisonnier d’opinion

Aujourd’hui, l’inquiétude grandit face aux conditions de détention provisoire de l’ancien candidat, incarcéré dans un pénitencier de Tsiafahy réputé pour sa surpopulation chronique. Amnesty International tire la sonnette d’alarme quant à la détérioration préoccupante de son état de santé. Pour l’ONG, il ne fait aucun doute que Sylvain Rabetsaroana est un « prisonnier d’opinion, détenu uniquement pour avoir exercé pacifiquement ses droits fondamentaux et exprimé ses positions politiques », Cette affaire, qui fait grand bruit dans les salons politiques de la capitale, relance inévitablement le débat crucial sur le respect des garanties judiciaires et le traitement réservé aux opposants dans cette délicate période de post-transition. La balle est désormais dans le camp du pouvoir de Toamasina. Quoi qu’il en soit, Sylvain Rabetsaroana fait partie des « 8 prisonniers politiques » du régime de Refondation en sept mois de pouvoir. 

Recueillis par Julien R.

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