
Une rencontre de haut niveau consacrée aux obstacles qui freinent encore le commerce intra-africain et aux leviers à mobiliser pour accélérer la mise en œuvre effective de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) a été organisée dans le cadre de l’African Caucus 2026.
L’Afrique veut commercer davantage avec elle-même. Mais entre l’ambition politique et la réalité du terrain, les barrières restent nombreuses. Ce point a été abordé lors de l’African Caucus, à Banjul, en Gambie, au cours d’une séance à laquelle a assisté la délégation malgache, conduite par le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Ramiarison Herinjatovo Aimé. Sous le thème « Breaking Barriers, Boosting Trade », les échanges ont réuni des représentants des institutions financières internationales, des communautés économiques régionales, du secteur privé et des délégations africaines participant à l’African Caucus 2026. Les discussions ont notamment mis en avant le poids des barrières non-tarifaires, des lenteurs douanières, des procédures administratives complexes, des coûts logistiques élevés et du manque d’harmonisation des standards. Selon les éléments présentés par le Groupe de la Banque mondiale, l’absence de mise en œuvre complète de la ZLECAf pourrait priver le continent d’un potentiel considérable, avec des pertes estimées à près de 450 milliards de dollars.
Suppression des barrières
Le Fonds monétaire international a, pour sa part, été représenté par Ivohasina Razafimahefa, directeur du Centre régional d’assistance technique du FMI pour l’Afrique de l’Ouest anglophone. Son intervention revêt un intérêt particulier pour Madagascar, en raison de son origine malgache. Il a rappelé que le commerce intra-africain reste encore limité, malgré une légère progression au cours des vingt-cinq dernières années. Les exportations intra-africaines seraient passées d’environ 13% à près de 15%, tandis que les exportations africaines vers le reste du monde demeurent fortement dominées par les matières premières. Dans son analyse, Ivohasina Razafimahefa a souligné que le commerce entre pays africains apparaît plus diversifié, confirmant ainsi son potentiel pour l’industrialisation, la montée en gamme des chaînes de valeur régionales et la création d’emplois. Selon les estimations citées, une réduction importante des tarifs et des barrières non tarifaires pourrait accroître significativement les flux commerciaux entre pays africains au cours des prochaines années.
Outil concret
Pour les ministères des Finances présents à l’événement, l’enjeu est stratégique. La concrétisation de la ZLECAf ne relève pas uniquement des ministères du Commerce. Elle dépend aussi des politiques budgétaires, fiscales, douanières, réglementaires et d’investissement. Les infrastructures de transport, l’énergie, la digitalisation, les corridors économiques et le financement du commerce figurent parmi les priorités identifiées. Le ministre gambien du Commerce a appelé à des actions concrètes pour que les bénéfices de la ZLECAf soient ressentis par les entreprises, en particulier les PME. Du côté du secteur privé, l’expérience de TAF Africa Global a illustré les opportunités offertes par l’intégration régionale, notamment pour les entreprises issues de petits marchés. À travers cette rencontre, l’Afrique réaffirme ainsi une conviction : la ZLECAf ne doit plus rester un simple accord continental. Elle doit devenir un outil concret de compétitivité, d’investissement, d’industrialisation et d’emplois pour les populations africaines.
Antsa R.




