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mardi, septembre 1, 2026
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African Caucus : Cap sur le capital privé pour soutenir la croissance des MPME

Table ronde sur la mobilisation du capital privé, lors de l’African Caucus, pour soutenir les MPME.

Les micro, petites et moyennes entreprises (MPME) africaines sont au cœur de l’emploi, de la production et de l’inclusion économique. Pourtant, leur accès au financement privé reste limité par de nombreux obstacles.

C’est autour de cette problématique que s’est tenue, à Banjul, en marge de l’African Caucus 2026, une table ronde consacrée au thème « Attracting Private Capital & Empowering MSMEs ». Les discussions ont mis en évidence un constat largement partagé : les MPME manquent de financement et souffrent d’un déficit d’infrastructures financières capables de les rendre visibles, crédibles et attractives aux yeux des prêteurs et des investisseurs. Informalité, absence d’historique de crédit, garanties insuffisantes, données dispersées, coût élevé du capital et fragmentation des dispositifs d’appui continuent de freiner leur développement.

Linda Dogbe, experte en transformation digitale et fondatrice de Qavaa Innovate, a insisté sur le rôle stratégique de la donnée. Selon elle, les MPME produisent déjà de nombreuses informations à travers leurs transactions, le mobile money, les paiements numériques ou encore leurs relations avec les administrations. Mais ces données restent peu exploitées pour évaluer leur solvabilité. L’enjeu est donc de transformer des entreprises encore « invisibles » en acteurs réellement « investissables ». Elle a également plaidé pour une infrastructure financière numérique à l’échelle continentale, permettant de rendre les identités, les historiques de crédit et les garanties plus portables entre les pays. L’intelligence artificielle pourrait renforcer le scoring de crédit, tandis que la blockchain pourrait contribuer à créer des profils financiers sécurisés et reconnus au-delà des frontières nationales.

Potentiel à libérer

Intervenant en ligne, Vera Songwe a replacé le débat dans un cadre macroéconomique plus large. Elle a rappelé que le coût du financement des entreprises dépend fortement du coût auquel les États eux-mêmes empruntent. Lorsque les taux souverains sont élevés, les MPME supportent des conditions encore plus difficiles. D’où l’importance de la stabilité macroéconomique, de la maîtrise de l’inflation, du financement en monnaie locale et de l’harmonisation réglementaire. Les échanges ont également souligné le rôle des banques centrales, des ministères des Finances, des banques commerciales, des investisseurs d’impact et des partenaires multilatéraux. Au-delà du crédit, les MPME ont besoin d’un écosystème complet : garanties, accompagnement, éducation financière, formalisation et accès aux marchés. La table ronde a conclu sur une idée forte : libérer le potentiel des MPME africaines suppose de bâtir des solutions durables, portées par les pays africains eux-mêmes et appuyées par les partenaires internationaux.

Antsa R.

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