
Dans une capitale où l’urbanisation rapide réduit les espaces cultivables, l’agriculture urbaine devient un levier essentiel pour améliorer l’alimentation des ménages. Les chiffres restent préoccupants : 37% des enfants de moins de cinq ans souffrent de retard de croissance et plus d’un quart des femmes en âge de procréer sont anémiées. Face à ces défis, le projet Aintsoa accompagne depuis 2023 plus de 800 familles vulnérables, en plaçant les femmes au cœur de la stratégie.
L’approche repose sur l’idée de produire davantage de légumes en ville, même lorsque l’espace est limité. Les ménages ont été organisés en groupes et ont désigné, au sein de chacun, une Femme Relais de l’Agriculture Urbaine (FRAU). Ces femmes, bénévoles, ont pour mission de promouvoir l’agriculture urbaine dans leurs quartiers, d’encourager les familles à poursuivre leurs activités de jardinage et de susciter l’adoption de ces pratiques par d’autres.
Le projet franchit une étape majeure avec la sortie officielle de 103 FRAU, portée hier par le Gret, en partenariat avec la Commune urbaine d’Antananarivo, et financée par l’AFD. Formées au leadership féminin et aux techniques de jardinage urbain, elles deviennent de véritables ambassadrices du bio, dans un contexte où la santé impose de bannir les engrais chimiques. « Pas d’engrais chimiques, uniquement du compost et du fumier de bœuf », ont-elles témoigné, affirmant leur engagement pour une agriculture saine et durable durant la cérémonie d’hier.
Équipées de kits de sensibilisation, elles incarnent une dynamique citoyenne qui dépasse le projet. La CUA est désormais appelée à poursuivre leur accompagnement technique afin de pérenniser les acquis et de renforcer la sécurité alimentaire des quartiers d’Antananarivo.
Hanitra Andria




